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N-24-001-001

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















Perspective nigériennes


Édité par le CENTRE D’INFORMATION DU NIGER


13, Boulevard haussmann - Paris IX ème


Mensuel N° 1

Octobre 1966


PRÉSENTATION


Le Niger est un pays grand par l’étendue, et petit par sa population et son économie.


Les 3.200.000 Nigériens forment un peuple courageux et travailleur. Un peuple rude, habitué à arracher, année après année, à une terre peu riche et de plus épuisée, le mil, le sorgho, les arachides nécessaires à sa subsistance.


Le peuple du Niger a un second atout, d’une très grande importance, surtout en Afrique : il y a un gouvernement ayant des racines populaires solides ; quand, en 1964, des saboteurs et des terroristes nigériens, entraînés en Chine communiste, basés au Ghana, financés et armés par l’ Osagyefo Kwamé Nkrumah, ont voulu créer des troubles au Niger, ils ont été pourchassés et livrés aux autorités par les petits paysans des régions frontalières. L’épreuve, loin d’ébranler les assises de l’ État, les a, au contraire consolidées.


L’équipe dirigeante, avec à sa tête le Président Hamani Diorii, est à l’image du pays, courageuse et travailleuse. La tâche des dirigeants n’est guère aisée. En effet, il est difficile de mettre sur la voie de l’expansion un pays aux ressources limitées et éloigné de 1000 kilomètres su port le plus proche. Et pourtant les résultats sont là.


Le nouveau budget général, en équilibre réel, a augmenté de 18,4 % par rapport à l’année dernière.


Le déficit de la balance commerciale a diminué, chose remarquable, de 13 %.


Sur le plan de l’alphabétisation, la progression est réelle également : entre 1964 et 1966, le nombre d’enfants scolarisés à augmenté de 20 %.


Les dirigeants nigériens savent que les prises de positions politiques ne suffisent pas à nourrir un peuple ; que ce peuple, comme tous les autres peuples de la terre, à besoin de moyens d’existence constamment améliorés. C’est pourquoi, ils ne peuvent pas déchoir en s’attachant à rendre arables 50 hectares par ci, 25 par là, 100 ailleurs, en cherchant à démontrer aux détenteurs de capitaux des pays amis et aux États amis eux-mêmes, que beaucoup peut être fait au Niger au bénéfice mutuel des deux parties.


Mais " bien faire " ne suffit pas. Il faut aussi " le faire connaître ". C’est là l’objectif de ce bulletin, mensuel pour le moment, et édité en français, en anglais et en allemand.


Notre ambition est de donner à nos lecteurs une image correcte, objective, des problèmes, des difficultés et des succès du Niger.


J. B.

ESQUISSE DU PRÉSIDENT DIORI HAMANI


Da sa livraison de septembre dernier, la revue " Afrique " consacre une page au Président Diori Hamani. Nous en donnons ci-dessous de larges extraits :


Les parlementaires français se souviennent d’avoir eu pour vice-président de leur Assemblé Nationale, M. Diori Hamani, qui représentait à l’époque, à Paris, le territoire du Niger sous administration française. Agé tout tout juste de 50 ans - il est né en 1916 à Soudouré - M. Diori Hamani est venu à la politique par le biais de l’enseignement. Après avoir fait de brillantes études à Niamey, à Porto-Novo ( Dahomey ), et enfin à l’ École Normale de William Ponty de Dakar, creuset de l’élite intellectuelle ouest-africaine d’où il sortit, diplômé en 1936, M. Diori Hamani rentra au Niger où il commença à enseigner à Niamey et à Maradi. Deux ans plus tard, on le retrouve à Paris, professeur à l’ École de la France d’ Outre-Mer, et au Niger, directeur de l’ École Filling. Il se laisse tenter par l’action politique. Il fonde dans l’immédiat après-guerre le Parti Progressiste Nigérien ( P.P.N. ), section régionale du rassemblement Démocratique Africain. Le Président Diori doit se battre durement à la tête de son parti pour évincer du pouvoir un adversaire de taille : Djibo Bakari qui anime à cette époque la section nigérienne du Mouvement Socialiste Africain. Lors du référendum de 1958, Diori Hamani fait campagne pour le oui, Djibo bakary recommande de voter " non " et réclame l’indépendance immédiate. Pour Diori Hamani, le succès est éclatant. Son parti remporte à l’issue du scrutin 54 sièges contre 6 à son rival ".


" Lorsque le Niger accède à l’indépendance en 1960, c’est Diori Hamani que le peuple choisit pour devenir le premier Président de la république. Il s’emploie à force de prudence éclairée et efficace, à maintenir, voire à renforcer l’unité nationale naissante par la mobilisation de toutes les bonnes volontés. Mais ces adversaires ne désarment pas. Ils fomentent de l’étranger, d’ Accra, un complot auquel Diori Hamani échappe de justesse.


" Ce politique est aussi un planificateur, et c’est sous son impulsion que le Niger s’est vu doté d’un plan de développement aussi hardi que réaliste. En octobre 1965, Diori Hamani a été réélu Président de la république. Brillant avocat de la coopération franco-africaine, président en exercice de l’Organisation Commune Africaine et malgache ( OCAM ) il s’est vu mandater par ses pairs d’une nouvelle mission : plaider le dossier de la francophonie dans le monde entier. Il s’acquittera de cette tâche avec la même obstination qu’il a mise à donner, au Niger, son pays, les structures d’un État moderne. "

L’AMÉNAGEMENT DE LA VALLÉE DU NIGER


L’importance de la mise en valeur de la vallée du Niger n’est plus à souligner. Elle ressort de l’examen des traits fondamentaux de cette région.


C’est une région aisément accessible aussi bien par la voie d’eau naturelle que par la route allant de la frontière du Mali jusqu’à Gaya, et dont l’activité conflue vers la capitale, Niamey.


La dissémination de 300 villages le long de la vallée se prête bien à la diffusion de petits et moyens centres de développement étroitement adaptés aux conditions économiques locales. Il ne faut pas négliger par ailleurs la

qualification professionnelles des riziculteurs traditionnels dans certaines cuvettes.


Les sols sont variés et se prêtent à des cultures diverses. Le climat de type sahélien condamne aux cultures à cycle court, c’est-à-dire aux cultures vivrières, mil, sorgho, non exportables.


Dans le cadre de la mise en valeur régionale, un double objectif est à atteindre : pallier à la sécheresse par l’irrigation, l’endiguement et le drainage, pour permettre de s’affranchir des cultures actuellement imposées par les éléments naturels ( mil, sorgho ) et accélérer les productions exportables ( cultures industrielles, telles que le coton, ou alimentaires, telles que le riz ).


Dans une optique lointaine, l’aménagement intégral du fleuve, au triple point de vue de la production d’énergie, de la navigation et de l’agriculture, commende d’installer des îlots de développement axés sur une exploitation intensive du sol et des eaux, support indispensable d’une économie moderne.


Les seules tentatives d’aménagement réalisées à ce jour concernent les cuvettes ; sur une étendue globale inventoriée de 30.000 ha, on ne peut retenir comme économiquement aménageables que la moitié environ des surfaces, soit 15.000 ha. Les surfaces cultivées ou effectivement cultivables représentent environ 20 % de la surface globale des 51 cuvettes inventoriées.


Quant aux terrasses, pour des motifs d’ordre technique et économique, les études se sont bornées au terrasses irrigables au prix d’une élévation maximale de l’eau de 7 m au-dessus du fleuve. Ce qui donne les résultats suivants : 12.000 ha cultivables effectivement.


Les mêmes populations sont pratiquement intéressées aux projets des terrasses et des cuvettes.

LE BUDGET GÉNÉRAL 1966-1967


le budget général du Niger pour 1967 s’élève à 9,261 milliards de francs CFA. Il est en augmentation de 18,4 % par rapport au précédent. il est, en outre, comme ceux de 1964, de 1965 et de 1966, en équilibre réel. Cet équilibre a été rendu possible grâce à l’amélioration constante du rendement des services fiscaux et douaniers, et à une conjonctures économique favorable qui s’est traduite par une augmentation du revenu national. Aussi l’année s’annonce-t-elle comme celle de la pause fiscale.


Le budget spécial d’équipement, quant à lui, s’élève à 923 millions de francs CFA. La France y participe par une subvention de 200 millions. Cinquante millions sont attendus par ailleurs des rentrées de la Loterie nationale instituée cette année.


Budget équilibré, finances saines dans l’ensemble, et perspectives encourageantes puisque le quadriennal 1965-1968 prévoit en effet un accroissement du produit intérieur brut de 4,75 % par an.

REDRESSEMENT DU COMMERCE EXTÉRIEUR


Le montant total des importations de la république du Niger pour les douze mois de 1965 est de 9.400.000.000 francs CFA et le total des exportations s’établit à 6.250.000.000 francs CFA ( valeurs Caf frontière du Niger ).


En 1964 les résultats des échanges extérieurs du Niger étaient respectivement de 8.114.000.000 francs CFA pour les importations et de 5.260.000.000 francs CFA pour les exportations. On constate ainsi une augmentation ap

proximative de 16 % en valeur pour les importations et de 19 % en ce qui concerne les exportations, qui atteignent en 1965 un niveau record. Il y a donc une amélioration sensible de l’équilibre des échanges, le déficit commercial apparent ayant baissé de près de 13 % par rapport à l’année précédente.


La conjoncture est satisfaisante. En 1966, on peut déjà prévoir une diminution de certaines importations. Dans le domaine des exportations, à la suite de la campagne arachidière 1965-1966, on devrait enregistrer une augmentation de l’ordre de 1,5 milliard de francs CFA. On peut donc espérer franchir une nouvelle étape vers le réalisation d’un équilibre effectif du commerce extérieur du Niger.

DES ENSEIGNANTS FRANCAIS AU NIGER . . . ET DES AMÉRICAINS


Trente six militaires français du contingent sont arrivés à Niamey, où il seront affectés à différents postes dans l’enseignement.


Pendant trois jours, il vont suivre un stage d’information qui leur permettra de se familiariser avec l’organisation administrative et politique du pays, ainsi qu’avec les problèmes de l’enseignement au Niger.


Soixante volontaires américains du Corps de la Paix sont arrivés à Niamey.


Il y a actuellement au Niger, 114 volontaires américains du Corps de la paix qui aident les Nigériens dans les domaines de l’Agriculture, de la Santé et de l’alphabétisation.

UN LIVRE SUR L’UNITÉ AFRICAINE


L’idéal d’une Afrique unie sentie comme une nécessité, n’est pas toujours abordé avec sérieux et sérénité. " Aussi l’Unité Africaine a-t-elle plus de doctrinaires à prioristes que de vrai penseurs ".


Le livre de M. Boubou Hama, Président de l’Assemblée Nationale nigérienne, intitulé " Enquête sur les Fondements et la Genèse de l’Unité Africaine " , et édité par " Présence Africaine " , n’est pas le premier consacré à ce thème. Il est l’un des plus importants.


L’auteur met surtout l’accent sur l’unité physique simple de l’ Afrique, cadre naturel de la fusion ethnique ou culturelle de ses races et de ses peuples, le climat et ses teintes particulières, l’habitat et ses déterminismes diversifiant les caractères des individus et des groupes humains.


Cet ouvrage se divise en trois parties : dans la première, M. Boubou Hama traite des synthèses raciales en Afrique, l’histoire primitive de l’humanité. Dans la seconde partie, M. Boubou Hama nous donne l’origine des clans ouest-africains, des légendes de la culture africaine et de la vie primitive et traditionnelle de l’ Afrique. Dans la dernière partie, l’auteur nous entretient de l(homme africain et du négro-africain, de sa socialisation, de sa philosophie de la vie.


Ce livre constitue une contribution des plus importantes à l’Unité Africaine. Documentaire sérieux sur l’ Afrique, il rendra d’immenses services à tous ceux qui veulent comprendre l’ Afrique, savoir où va ce continent.


Directeur de la publication : L. Trévidic


Abonnement annuel : 10. - francs


Imprimé par Eurafor-Press, 13 bis, rue Laffitte, Paris

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