
Récépissé d’un envoi recommandé
68.982/dh
le 29 juillet 1968
Monsieur Mai Mai Gana
Présidence de la République
Niamey
Mon cher Mai,
Tu trouveras, ci-joint, la photocopie de la lettre que je fais parvenir ce jour au Président Diori.
Amitiés,
TAITBOUT 59-58
50-40
13, BOUL. HAUSSMANN
PARIS- IX e
LE DIRECTEUR
le 29 juillet 1968
jb/dh
S.E. Monsieur Hamani Diori
Président de la République du Niger
Niamey
Monsieur le Président,
Je viens de rentrer d’une très grande tournée aux Etats-Unis et au Canada. Plus que jamais, je suis convaincu qu’il y existe des possibilités immenses, et plus que jamais, je suis convaincu que si nous n’en profitons pas, cela est dû essentiellement à nos propres faiblesses. Et croyez moi, cela fait mal au coeur de constater que nous ne pouvons prendre, par NOTRE FAUTE, et non à cause de leur mauvaise volonté, une partie des richesses des nations industrialisées dont nous avons pourtant tellement besoin.
Je vais vous donner un exemple.
J’ai rencontré à Montréal un ami d’enfance, directeur d’une maison de commerce importante, que j’avais perdu de vue. Il m’a dit ce qui suit :
"Avec la victoire de Trudeau aux élections, la nomination de Monsieur Jean-Luc Pépin, un Canadien français, au ministère de l’Economie et du Commerce, nous sommes très bien placés au gouvernement. Pour le Niger qui est considéré comme un pays sous-développé, nous pouvons obtenir tout le blé que tu veux, de la qualité que tu veux, à titre gracieux. Le gouvernement nigérien n’aura qu’à payer le fret et notre commission . . . "
Cela signifie, Monsieur le Président, que le Niger, en revendant ce blé aux minoteries locales, pourra gagner plusieurs centaines de millions de CFA ! Nous sera-t-il possible de réaliser ce "beau coup" , ou bien allons-nous perdre cette occasion , pour des causes de routine administrative, ou parce
qu’un accord léonien nous lie à la France, ou parce que les minoteries du Niger se fournissent en blé exclusivement en France ?
Comme vous le remarquerez, Monsieur le Président, il s’agit effectivement d’un cas crève-coeur.
Au cas où cette affaire intéresserait le Niger et serait réalisable, il vous suffirait, pour l’initier, soit de me donner, par un simple coup de fil , le feu vert, en indiquant la quantité et la qualité de blé que vous désirez, ou mieux, en télexant directement à Montréal - numéro de télex :
05-267420 TRACOMIN MONTREAL - et en leur disant que le Niger est intéressé par une offre canadienne de blé (avec quantité et qualité) . Mon ami de Montréal se fait fort de nous l’obtenir. Quand il sera bien engagé dans la transaction, qu’il lui sera difficile de perdre la face, vous lui enverrez à ce moment Mai pour discuter pied à pied de la commission . . .
Dans l’attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments dévoués.
68.984/jb/dh
le 30 juillet 1968
Monsieur Mai Mai Gana
Présidence de la République
Niamey
Mon cher Mai,
Monsieur Farahat vient de me relancer, et je t’assure, en toute amitié, que cela commence à me gêner beaucoup. Sois assez aimable, en dépit de tes trop nombreuses occupations - surtout à l’heure actuelle - de faire l’impossible pour que cette affaire soit réglée définitivement.
Merci d’avance. Amitiés,
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