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  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
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    2009.















LE TEMPS DU NIGER


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B.P. 368 NIAMEY


Vendredi 19 JANVIER 1973


N° 2071

Prix : 25 Frs

Baptême de la flotte de l’Espoir
sous la présidence du chef de l’ État


Le président de la République M. Diori Hamani a inauguré jeudi matin à Gaya la flotte fluviale canadienne arrivée dans la capitale du Dendi après un mois de navigation depuis Port-Harcourt au Nigeria. Il était accompagné dans son voyage de Mme la présidente Aissa Diori, du président du Conseil Économique et Social M. Courmo Barcougné, du ministre des Travaux Publics, des Transports et de l’Urbanisme M. Harou Kouka, du ministre du Développement et de la Coopération M. Harouna Bembello, du Secrétaire d’ État à l’Intérieur M. Boubacar Moussa ainsi que des ambassadeurs du Canada et des États-Unis.


Devant l’accueil enthousiaste et plein de chaleur qui lui avait été réservé, le chef de l’ État a dit sa joie de se retrouver dans la capitale du Dendi en un jour aussi mémorable, pour voir l’aboutissement heureux du projet gigantesque de la navigation sur le fleuve - " vaste et ambitieux programme " comme dira le ministre Harou Kouka, qui oriente désormais notre pays vers une économie encore plus moderne.


Lorsque le président de la République M. Diori Hamani arriva hier matin à 11 heures dans Gaya en fête, 10.000 personnes environ - la population de Gaya et des délégations venues de tous les arrondissements du département, du Nigeria et du Dahomey - étaient massées devant le futur port de Gaya et par leurs applaudissements nourris, les banderoles leurs flûtes leurs tam-tams, les you-yous des femmes et les " Vive le président Diori " des enfants des écoles, saluaient ainsi " le maître de cette grande oeuvre qu’est devenu le Niger d’aujourd’hui ".


Ce fut M. Ibrahim Beïdi, député-secrétaire général du Comité PPN-RDA de Gaya qui souhaita la bienvenue au chef de l’ État et à sa suite.


" L’immense joie qui rayonne sur nos visages dit-il apporte le témoignage éloquent de notre profonde gratitude ".


" Voilà enfin levé, en face de nous, poursuit-il le rideau du vieux talon condamnant le Niger. Voilà enfin écarté un aspect des obstacles majeurs à l’économie nigérienne et c’est une brillante victoire ".


M. Bertrand, directeur de la Société nigérienne des transports fluviaux donna ensuite les caractéristiques essentielles du matériel fluvial.


Chacune des barges à 63 m 50 de long ; 11 m 55 de large ; 3 m 30 de creux et peut transporter 600 tonnes ; soit un déplacement total de 828 tonnes . Le pousseur quant à lui fait 24 m 10 de long ; 7 m 60 de large et une puissance de 1500 CV.


Beaucoup de légendes et de rumeurs ont accompagné le premier voyage inaugural de ce matériel, malgré tout souligna-t-il.


- La preuve est désormais faite que le fleuve Niger est navigable du delta jusqu’à Gaya.


- Les barges et le pousseur sont parfaitement adaptés aux conditions de navigation de notre fleuve sur ce tronçon.


- Avec une coopération intelligente et bien comprise des hommes de bonne volonté peuvent mener à bien des projets de toute sorte d’envergure.


M. Bertrand a dit aussi que le matériel dont le baptême allait être fait n’est qu’une partie d’un tout composé de 12 barges et de 3 pousseurs.


Parlant enfin de la qualité du matériel, M. Bertrand a dit que ni les courbes du delta, ni les prétendus infranchissables rapides de Bajibo, ni même un parcours non encore très bien délimité n’ont empêché à la flotte d’arriver à bon port. " Et c’est cela conclut-il, qui nous convint de la qualité de notre matériel ".


M. François Cordeau

" Ce canadien barbu comme une divinité marine qui va rendre le Niger navigable ".


UNE PREMIÈRE ÉTAPE


Succédant au président directeur général de la Société, l’ambassadeur du Canada au Niger, S.E. Gilles Mathieu a dit que l’accès de notre pays à la mer réduira considérablement le handicap que constituent pour notre économie les difficultés de transports. Après avoir dit que les expériences de pionniers entreprises dans ce domaine par le Canada font que la navigation sur le Niger avait de quoi séduire les Canadiens, le diplomate a remercié les autorités nigérianes pour l’aide qu’elles ont accordées à la flotte. Il a précisé que la navigation sur notre fleuve constitue une expérience de coopération régionale et que sa réussite dépend de la coopération de tous les intéressés de près ou de loin.


" La présence de la flotte aujourd’hui à Gaya, a-t-il indiqué, représente la fin d’une première étape. Les résultats obtenus sont conformes à notre attente et surtout à nos espoirs. Nous attendions du premier voyage beaucoup d’enseignements utiles pour que la navigation sur le Niger devienne vite une affaire de routine ". Et S.E. Mathieu d’attribuer le succès de cette entreprise au président de la République, il a félicité l’équipage de la flotte, dont a contribution à ce projet n’est pas minime. Dans sa conclusion, l’ambassadeur du Canada a formulé des voeux de bonheur et de prospérité pour le Niger, et a dit que le canada se réjouit de cette réussite.


Les premières barges à avoir remonté le Niger.


LE MÉRITE DE L’INITIATIVE


A son tour, le ministre des travaux publics des Transports et de l’Urbanisme, M. Harou Kouka a d’abord parlé des difficultés qui ont failli empêché les travaux de décrochement du fleuve et du sacrifice d’un hippopotame qui a permis de vaincre le fleuve. Il a ensuite adressé au Président de la République la reconnaissance du pays en ces termes :


" ... Si aujourd’hui nous célébrons dans la joie l’arrivée de ce convoi de barges et de pousseur, nous le devons sans doute au gouvernement du Niger mais


( Suite p. 2 )

QUOI
de neuf ?


Il n’y a plus de carburant à Bilma. En conséquence, tout voyageur en direction de cette localité devrait se munir d’une quantité suffisante d’essence ou de gaz-oil nécessaire à son retour.

LE TEMPS DU NIGER


19 JANVIER 1973

Baptême de la flotte de l’Espoir


Surtout à vous M. le président de la République à qui revient éventuellement le mérite de l’initiative du projet de la navigation sur le fleuve Niger. Vous n’avez pas hésité, malgré tous les obstacles, à entreprendre ce vaste et ambitieux programme qui oriente désormais notre pays vers une économie encore plus moderne, grâce à la voie naturelle de communication que constitue son fleuve. le pays tout entier vous en reste reconnaissant.


Mme la présidente Aissa Diori procédant au baptême du pousseur.


Mais ce projet n’aurait sans doute pas trouvé sa réalisation sans l’aide combien importante et amicale du gouvernement fédéral du canada qui, par l’intermédiaire de l’ ACDI, nous accordait un prêt de 1.850.000 dollars canadiens, sans intérêts, remboursable en 50 ans avec 10 ans de différé, nous permettant ainsi de réaliser l’achat, le transport et l’essai d’un matériel fluvial moderne et adapté à notre cher fleuve. C’est l’occasion pour nous de lui renouveler toute notre gratitude, et de souhaiter, une fois encore, si besoins en était, que les bonnes relations qui existent entre nos deux pays aillent en se développant et en se renforçant. nous avons aussi apprécié l’aide fraternelle et désintéressée du président fédéral du Nigeria ainsi que la sympathie agissante de notre voisin du Dahomey et nous les en remercions.


Poursuivant son allocution, le ministre Harou Kouka a exprimé la reconnaissance et sympathie de notre à " ce Canadien barbu comme une divinité marine qui va rendre le Niger navigable " et qu’ici on a coutume d’appelé " Maidjémé " ( le barbu ), en l’occurrence M. François Cordeau, ingénieur montréalais qu’on peut considérer à juste titre comme " un des piliers de cette réussite et dont le nom restera incontestablement lié à notre pays et à notre fleuve. le ministre a également remercié toute l’équipe d’administrateurs de la petite Société d’études pour le transport sur le fleuve Niger pour leur travail discret et efficace, puis les hautes personnalités qui ont rehaussé de leur présence la cérémonie de ce jour.


Cependant a ajouté le ministre Harou Kouka, l’effort que s’est imposé le gouvernement du Niger, tant au niveau du prêt consenti pour l’achat du matériel fluvial que de celui de sa participation majoritaire dans la nouvelle Société nigérienne des transports fluviaux et Maritime, - cet effort dis-je - n’aurait aucun sens, ni aucune finalité, s’il n’y avait pas, en contrepartie, de la part des habitants de ce pays, une ferme volonté de produire sans cesse d’avantage, afin que demain ces barges soient utilisées à leur pleine capacité ; afin que demain des convois sans cesse plus nombreux parcourent notre fleuve ; afin que demain les terres-pleins et les magasins des ports de Gaya et de Niamey soient toujours remplis de marchandises ... C’est seulement en donnant la preuve de nos efforts et de notre volonté de réussir, aujourd’hui comme demain, que nous pourrions trouver, auprès des nations amies, l’aide indispensable à la réalisation de nos programmes de développement.


L’accueil enthousiaste de Gaya


Après des discours, madame la prédidente Aissa Diori a procédé au baptême du pousseur et des vedettes. Notons que le matériel est composé de 3 barges, d’un pousseur et de 2 vedettes.


Le président et M mme Aissa Diori, ainsi que les membres de leur suite montèrent à bord du bateau pour une promenade d’une demi-heure sur le fleuve Niger, en direction de Malanville. Après un déjeuner copieux dans les jardins de la sous-préfecture, animé par la troupe folklorique de Gaya, le chef de l’ État et sa suite s’embarquèrent à bord d’un DC 3 d’ Air Niger qui les ramena à Niamey après 50 minutes de vol.


L’ARRIVÉE À NIAMEY


C’est à dix-huit heures que l’avion présidentiel s’est posé hier sur l’aéroport de Niamey. A sa descente d’avion le chef de l’ État et son épouse ont été salués par les membres du gouvernement présents à Niamey. S.E. Diori Hamani s’est alors prêté aux questions des journalistes.


" Je dois rappeler, a-t-il déclaré, qu’aussitôt après notre accession à la souveraineté internationale, le parti et le gouvernement ont défini les objectifs qui permettraient le développement du pays. Il fallait rompre l’isolement dans lequel se trouvait le Niger et le relier aux pays voisins tant il vrai que les transports routiers sont un handicap certain. Ainsi les frais qui grèvent lourdement le prix de revient des produits exportés et importés ". Ayant ainsi rappelé que la route de l’ Unité et de la flotte de l’espoir et de l’ Espérance, étaient des réalisations définies par le PPN, le chef de l’ État a noté que cette journée était historique à plus d’un titre. " C’est d’abord un anniversaire, le 18 janvier 1973 est la journée de la revanche de la mort de l’explorateur britannique Mungo PARK ".


" Ensuite c’est la victoire de la technique sur le fleuve " S.E. Diori Hamani rappela quel obstacle représentait le Niger pour des hommes de sa génération et quel succès ce fût lorsque le simple passage de la rive gauche à la rive droite fut réalisé. Un obstacle de taille était vaincu. dans ces conditions ajouta-t-il, l’événement d’aujourd’hui constitue bien une " apothéose " car voici le fleuve indomptable depuis des millénaires débarrassé de ses obstacles et de ses maléfices.


En ce qui concerne l’événement en lui-même, le président de la République a Précisé : " On pouvait lire sur le visage de toutes les personnes présentes, jeunes et vieux, l’expression d’un enthousiasme et d’un triomphe ". Ayant noté que l’événement était important pour le Nigérien comme pour le riverain il ajouta que 1800 tonnes d’hydrocarbures emprunteraient désormais la voie fluviale alors que le transport en citernes n’en acheminerait que 30 tonnes ! L’impact sera donc énorme. Dans une première phase il y aura 3 pousseurs et 12 barges. le voyage expérimental qui vient d’avoir lieu laisse augurer du succès de cette entreprise.


Le président Diori visitant le Pousseur.


" C’est la première fois déclara alors le président de la république, que les occidentaux domptent ce fleuve à travers l’histoire et la légende. c’est donc une page importante dans l’histoire de notre pays, de l’ Afrique et de la coopération internationale. je profite de cette occasion pour saluer justement cette coopération, mais aussi le directeur de cette entreprise M. François Cordeau et les membres de l’équipage, tant nigériens que nigérians.


Je joins par ailleurs des remerciements à l’égard du gouvernement américain qui vient de lancer le financement du rehaussement du pont de Gaya et de l’aménagement du port de Gaya ". Ajoutant que cette cité devenait le point de bifurcation des transports vers l’extérieur il précisa que désormais il y aurait possibilité de faire descendre les produits de l’agriculture, de l’élevage et à plus long terme des mines.


" Par fleuve et par route nous nous acheminons vers l’acquisition d’une infrastructure indispensable à notre décollage économique. Voilà pourquoi conclu-il cette journée, elle aussi, était indispensable pour l’avenir du Niger et de sa population ".

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