N-20-016-002

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    2009.















CONFIDENTIEL


MEMO


Re :
Route du Niger
Visite à M. J.J. Guérin, Directeur des opérations pour l’Afrique fancophone


Sujet :

Route de l’Unité - Niger
Date : Jeudi le 15 octobre


La mission canadienne au Niger, dirigée par M. J.J. Guérin, est rentré à Ottawa en passant par Abidjan et Dakar sans pouvoir visiter la Route de l’Unité parce que les conditions météorologiques n’ont pas permis l’envolée le lundi prévu ni le lendemain (28 et 29 septembre dernier). M. Maranda est resté à Niamey pour poursuivre son enquête à la cimenterie de Malbaza.


M. Guérin nous a informé qu’au cours des discussions avec les représentants du Niger, trois points principaux ont été discutés :

1- La mission avait apporté un projet d’entente pour formaliser le prêt canadien. Il semble qu’il y avait des points de vue différents sur le contenu de cette entente entre la mission et les représentants du Niger. Il aurait été convenu que chaque partie réétudierait ses positions et qu’il y aurait une nouvelle rencontre dans environ un mois.

2- Une rencontre a eu lieu avec les représentants du Ministère des Finances, du Ministère des Travaux Publics et de l’Armée. Il n’y avait pas eu apparemment de concertation entre les représentants du Niger de sorte que les finances, les travaux publics et l’Armée désirent tous avoir le contrôle de la construction de la Route de l’Unité. Monsieur Guérin, de son côté, rappelle que pour tous les prêts canadiens, il est bien entendu que le contrôle

technique des projets doit impliquer l’ACDI et les consultants et gérant de projet retenus par l’ACDI. Ceci est un problème important et M. Guérin exprimait l’espoir qu’il y aurait discussion entre les différentes parties nigériennes pour résoudre ce problème d’ici leur prochaine rencontre. Nous avons suggéré à M. Guérin qu’un comité d’orientation (steering committee) soit constitué comprenant le représentant de l4ACDI, le représentant senior du gouvernement nigérien, qui auront conjointement les C pouvoirs de décisions, plus les représentants des Ministères nigériens impliqués (finances, travaux publics et armée) et des consultants. Ce mode d’opération s’est avéré très pratique dans d’autres cas semblables.

3- Une discussion a eu lieu sur le choix des consultants pour le projet. M. Guérin a rappelé la procédure habituelle pour le choix des consultants, c’est-à-dire préparation d’une liste restreinte par l’ACDI, approbation ou sélection à l’intérieur de cette liste par le Niger des demandes de propositions techniques, et l’évaluation par le pays et l’ACDI. Dans le présent cas, le choix par le pays a déjà été fait et l’ACDI doit décider si les autres étapes peuvent être court-circuitées.


Il existait certains doutes à l’ACDI au sujet des capacités techniques et de financement du groupe "La Nigérienne" et une certaine confusion au sujet de l’entente Lamarre Valois-La Nigérienne. Aux yeux de l’ACDI, le financement de "La Nigérienne" était d’une part trop faible, et d’autre part, il semblerit que le but des financiers canadiens ne pourrait être que celui d’un profit intéressant, ce qui soulève des questions lorsqu’il s’agit de lui confier un projet tel que celui de la Route de l’Unité. Il ne semble pas y avoir d’objection à la participation de LVI, sauf nécessité de clarification sur la nature de l’entente de LVI et "La Nigérienne". Après avoir expliqué ce dernier point, M. Guérin demande de discuter de la question avec M. Gouin qui sera de retour d’Afrique prochainement et M. Toms qui s’occupe de la question actuellement.


M. Guérin était particulièrement intéressé à ssavoir si LVI conserverait des intérêts communs avec "La Nigérienne" à la fin du projet. Ce point a été éclaircir et l’entente LCI et "La Nigérienneé par Nigéroute a été expliquée comme étant un "joint venture" qui ne s’applique qu’au seul projet de la construction de la Route de l’Unité.


Nous avons rencontré par la suite M. Toms qui a exprimé ses craintes au sujet de l’engagement financier de l’ACDI pour la construction de la Route de l’Unité. Monsieur Toms considère que l’ACDI n’est pas protégée sur le montant éventuel du coût de la construction et il considère exceptionnel le mode de réalisation proposé c’est-à-dire la gérance de projet.


Au sujet de la méthode gérance de projet, nous nous sommes déclarés d’accord avec les recommandations du rapport de l’ACDI et avons discuté longuement de l’à-propos de cette méthode de réalisation dans les circonstances exceptionnelles qui s’appliqueront à la construction de la Route de l’Unité. M. Toms n’est pas clair (ni M. Guérin) sur les modalités de la participation de l’Armée et il semble y avoir confusion complète à savboir qui paiera les salaires et/ou la subsistance des forces armées de même que leur mode de participation au veau de la direction. L’objection principale de M. Toms ne semble toutefois pas être relative à la méthode de gérance de projet.


Son objection principale est que le gouvernement canadien n’a aucune assurance que la route pourra être construite à l’intérieur des crédits approuvés. Il croit qu’il suffirait que le projet dure un ou deux ans de plus pour augmenter de 25 ou 50% le coùut de construction. Il songe donc sérieusement à ecommander que les tous les plans et devis détaillés soient d’avord préparés pour préciser les quantités d’ouvrage à réaliser. Il voit une phase préalable d’au moins six mois au coût de quelque $600,000. Au cours de la discussion nous avons indiqué qu’un tel travail préalable

ajouterait beaucoup de précision aux quantités de travail à réaliser mais qu’il n’en apporterait aucune quant à l’évaluation de l’efficacité de l’équipement et de la main-d’oeuvre dans les conditions exceptionnelles dans lesquelles la route doit être construite. En conséquence, l’estimation du coût ultime de la route ne serait que légèrement plus précis.


Nous avons aussi indiqué qu’à notre avis, le coût de construction dépendait surtout des coefficients d’utilisation de l’équipement, qui semblent varier en Afrique de 20% à 60% au maximum et que le succès du projet dépendait beaucoup plus de l’équipement et des approvisionnements ainsi que de l’organisation générale du projet que de l’épaisseur des couches de fondation et de base le long de la route.


M. Toms craint fortement que les crédits deviennent insuffisants avant la finition de la route t que l’ACDI serait alors dans une position très difficile où elle devrait, soit accorder de nouveaux crédits pour finir la route, pi être blâmée fortement aussi bien par le Niger que par le Canada, pour n’avoir réalisé qu’une partie du projet global.


Suite à ces entrevues, il semble que les étapes suivantes doivent être franchies pour résoudre les problèmes mentionnés précédemment. Nous croyons que les actions suivantes doivent être envisagées :


1- Coordination de l’action nigérienne. Il est tout à fait important, à notre avis que le gouvernement du Niger coordonne les différents ministères impliqués et qu’une pris de position sur l’autorité qui existera entre ces différents ministères soit clairement définie. Des précisions sont à faire parvenir à l’ACDI à ce sujet.

2- Financement de la Nigérienne. Des détails additionnels devraient être fournis à l’ACDI sur le financement de la Nigérienne, sur ses objectifs et sur les garanties offertes par le genre de contrat proposé par Nigéroute pour réaliser le projet.

3- Les conclusions des ententes entre le Niger et l’ACDI relatives au prêt. Ceci est l’item le pus important. Un réunion semble prévue fin octobre ou début novembre. Cette entente devrait clairement définir les objectifs à atteindre pour la construction de la route et l’urgence de sa réalisation. La contribution nigérienne doit y être clairement indiquée et certaines modalités quant à la coordination de l’effort nigérien pour garantir à l’ACDI l’aspect pratique des arrangements conclus.
Le point principal de cette entente doit préciser ce qui arriverait si le prêt n’était pas suffisant pour parachever la construction de la route.


4- Aspect technique du projet. Il fait discuter à nouveau avec MM. Tansley, Guérin et Toms les justifications de l’entente Nigéroute, c’est-à-dire l’absence complète de conflits d’intérêts par l’une ou l’autre des parties et les justifications de la méthode engineering - gérance de projet combinée. Les explications verbales que nous avons fournies à date semblent bien reçues et nous ne prévoyons pas de difficultés majeures de ce côté.


Armand Couture, Ing.


AC/LGL.
19 octobre 1970.

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