Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.
Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
2009.
Paris,
Il y a un an vous m’aviez parlé de Maï en des termes qui m’avaient frappé. Depuis, conformément à mes habitudes, je me suis livré, ici, à une patiente enquête, pour voir s’il était possible de recouper vos propres informations, et de préciser les choses de façon aussi objective que possible. Mes sondages et recherches ont pris d’autant plus de temps et ont été d’autant plus difficiles que je ne voulais pas donner l’impression à mes amis de me livrer à une enquête sur Maï, alors que partout, je ne taris pas d’éloges sur lui.
Je donne ci-dessous, de façon résumée, les véritables découvertes que j’ai faites :
On m’a répondu, par l’analyse de la personnalité et de la politique du Président Diori :
et peut-être même plus - qu’Houphouët ou Senghor".
il s’agit probablement du faux interview au Times) ;
Comme on le remarque, l’intérêt de certains milieux de Paris pour le Président Diori est basé essentiellement sur des griefs. C’est dans ce cadre général de manifestations d’indépendance, que se situent les soucis de certains milieux de Paris quant à la succession.
Ces milieux se divisent grosso modo en deux grands clans, celui de Tréca et celui de Foccart. Ces deux personnalités sont toutefois d’accord sur le fait que "parmi ceux qui peuvent briguer, avec quelque chance, la succession de Diori, il y en a trois importants :
la vieille garde du Parti et pense que - Boubou Hama déclarant forfait - le leadership du pays doit lui revenir en cas de vacance du pouvoir.
bête noire de la vieille garde en général et de Boubou Hama en particulier, qui critiquent Diori pour la confiance qu’il a en Maïgana en dépit de leurs réserves.
à juste titre , que la lutte pour le pouvoir au sein du Bureau Politique d’une part et le désir de ce Bureau Politique de faire barrage à Maï Maïgana, peuvent lui permettre de se hisser au faîte du pouvoir".
De ces trois "dauphins", Maï Maïgana serait le candidat de Tréca, Courmo et Djermakoye seraient ceux de Foccart ; voici les thèses en présence :
La thèse Tréca.
Pour l’ancien ambassadeur de France à Niamey, "Maïgana est le seul élément réellement valable au Niger : il est intelligent, modeste, équilibré, sachant ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, normalement ambitieux, et conscient de la nécessité de préserver à tout prix l’amitié franco-nigérienne. En somme, il s’agit d’un élément solide qu’il est dans l’intérêt de la France de "bâtir" progressivement."
"Un avantage, complémentaire de ses qualités propres, c’est que Maïgana, en butte à l’hostilité de tous les cadres traditionnels du Parti devra, pour se maintenir au pouvoir, s’appuyer sur la France . Il est totalement faux, pense M. Tréca, de prétendre qu’il prendrait, au lendemain de son arrivée au pouvoir, la tête des éléments jeunes et radicaux du Niger, et se lancerait dans une politique contraire aux intérêts de la France".
"Courmo Barcougne, ce serait le Coty, avec, en plus, la rage de faire fortune. Faible et influençable, son arrivée au pouvoir étant le fait de ses pairs, il serait tiraillé de tous les côtés et ne pourrait, même s’il le voulait, poursuivre la politique dynamique de son prédécesseur. Ce serait pour la France, un Chef d’État de tout repos.
"Djermakoye, aussi crrompu que Courmo - il est en train d’acheter en plein New-York, avec l’appui financier d’Houphouët , une maison valant au moins 500.000 dollars - peut apparaître comme un candidat-arbitre. Quoiqu’ inintelligent et méprisé , même aux Nations Unies, c’est un élément valable et capable de neutraliser la jeune garde nigérienne - il hait Maïgana - s’il le faut par le recours à la force".
Pour M. Foccart et ses amis, "en l’état actuel des informations disponibles", la solution Maigana est à rejeter d’office, car il ne pourrait s’intégrer dans le cadre de la stratégie de la France en Afrique francophone (cf document précédent).
Comme on remarque, il s’agit, ici, uniquement de succession naturelle, normale, et absolument pas de coup d’État. En somme, Tréca retient Mai et rejette Courmo et Djermakoye, parce qu’il apprécie le premier et méprise les deux autres, et Foccart fait, en s’appuyant exactement sur les mêmes éléments d’appréciation, le choix inverse !
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