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    2009.
















MINISTERE DES AFFAIRES
ECONOMIQUES ET FINANCIERES


REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

NOTE AU SUJET DE L’IMPORTATION D’UN LOT DE 20.000 TONNES DE BLE CANADIEN


Le Gouvernement canadien vient d’offrir à la République du Niger un lot d’environ 20.000 tonnes de blé, la Côte d’Ivoire a accepté d’absorber ce lot dans le but d’aider les autorités nigériennes, qui n’en ont pas l’utilisation.


Sans d’ailleurs que le Gouvernement du Niger en soit responsable, cette importation, décidée d’une manière précipitée et sans que certaines garanties indispensables aient été prises , a posé de très sérieux problèmes et il est bien évident que la Côte d’ivoire ne pourrait, dans l’avenir, renouveler cette opération qui, je pense utile de souligner doit garder un caractère tout à fait exceptionnel.


Les besoins en blé de la Côte d’Ivoire sont de l’ordre de 60.000 tonnes par an, dont l’importation s’effectue d’une manière échelonnée par quantité ne dépassant jamais 5.000 tonnes. Le lot de blé canadien est arrivé à Abidjan, alors que la minoterie locale, dont le programme d’approvisionnement a été bouleversé, attendu du 10 Décembre 1968 au 6 Janvier 1969, trois chargements représentant près de 14.000 tonnes. Les grands Moulins se sont donc vu à la tête d’ environ 34.000 tonnes de blé, soit plus de la moitié de leurs besoins annuels et se sont trouver et vont se trouver confrontés à de délicats problèmes, notamment de stockage et de conservation le blé étant très difficile à maintenir en bon état en milieu tropical.


Afin d’éviter des frais de manutention trop élevés, qui auraient lourdement grevé le produit, il a, en particulier, été nécessaire de libérer un magasin-cale proche de la minoterie ; or ce magasin est réservé à l’entreposage, avant embarquement, du café et du cacao et son utilisation à d’autre fins va gêner sérieusement les entreprises d’acconage à une époque de l’année où le port d’Abidjan connaît une très grande activité.


En ce qui concerne la qualité du lot expédié par le Canada, le Manitoba 4, de grade inférieur, ne convient guère à la planification. Des essais techniques sont en cours et il est vraisemblable qu’il sera nécessaire de le mélanger, à 50% environ, avec du blé français pour pouvoir obtenir une farine relativement valable, susceptible de correspondre aux goûts des consommateurs.


L’écoulement du lot canadien devrait, en conséquences, demander environ huit mois la meunerie locale triture mensuellement quelques 5.000 tonnes de blé ; puisqu’un mélange à 50 % parait indispensable, les quantités de blé canadien utilisées chaque mois ne seront que de 2.500 tonnes et il existe de sérieux risques de détérioration de ce blé, qui ne pourront être qu’à la charge du vendeur ; jusqu’à présent, en effet, les Grands Moulins n’ont jamais stocké de blé pendant plus de trois mois.


Quant aux conditions d’achat, le prix CAF actuel du blé français, retenu dans la structure de prix de la farine fabriquée en Côte d’Ivoire, est de 17.145 francs la tonne. C’est ce taux qui doit servir de base à la détermination du prix de cession du blé canadien. Le chiffre de 23.000 francs de la tonne, qui me parait tout à fait excessif eu égard à la qualité du blé expédié, a été avancé par les autorités du Niger. Retenir ce taux aboutirait à une augmentation importante du prix de la farine, et partant, de celui du pain, qui est absolument exclue. Il ne peut être question, en effet, de demander un sacrifice de ce genre à la population ivoirienne et il serait tout à fait anormal que la Côté d’Ivoire, qui ne réalise l’opération en question que pour rendre service, se retrouve pénalisée.


Sur le blé les droits de porte sont actuellement les suivants :


droit fiscal 0,5%
droit de douane 2%


Le gouvernement ivoirien renonçant aux recettes douanières que l’opération aurait pu procurer à son budget, a décidé d’exonérer de droits l’importation de 20.000 tonnes de blé canadien, ce qui permettra à la République du Niger de recueillir des sommes plus importantes de la vente de ce lot.


Le prix CAF du blé français retenu actuellement dans les décomptes est, rappelons le , de 17.145 francs ; seul le droit fiscal est perçu sur cette origine, soit 85,70 francs par tonne, que les Grands Moulins n’acquitteront pas sur le blé canadien. Ce montant s’ajoutera donc au prix de référence du blé français, qui se trouvera porté à 17.145 + 85,70 = 17.230,70 francs.


prix de base


C’est à ce prix que les Grands Moulins devraient acheter le blé canadien, si celui-ci avait les mêmes spécifications que le blé français.


réfactions


En fait, bien qu’il soit difficile de se prononcer avant de connaître les résultats définitifs des agréages, il faut s’attendre à ce que, compte tenu de la qualité du blé canadien, des réfactions de prix aient lieu. Il est bien évident que si ce blé a un rendement inférieur à celui du blé français, il devra être acheté à un cours moindre, sans quoi nous aboutirons à une hausse des prix de la farine en Côte d’Ivoire qui, nous l’avons vu, est à exclure.


Il a déjà été constaté que le pourcentage de grains inutilisables en mouture ( grains cassés 2,56% , petits grains 2,90% , grains maigres 1,70% , impuretés et corps étrangers 0,50% ...) était très élevé et de loin supérieur à ce qui est relevé pour les blés français.


frais stockage


Devraient également venir en déduction du prix de base indiqué précédemment, les charges diverses qu’occasionneront un stockage d’une longueur anormale et l’obligation de louer un magasin-cale au port, les silos des Grands Moulins n’ayant pas une capacité suffisante.


Tous ces problèmes font d’ailleurs l’objet de discussions directes entre le Gouvernement du Niger et le Direction des Grands Moulins d’Abidjan, les autorités ivoiriennes, qui ont fixé les grandes lignes de l’opération, dont elles suivront de près le déroulement, ne devant être appelées à intervenir qu’en cas de litige grave entre les deux parties.


En matière de paiement, en particulier, les Grands Moulins régleront directement le Niger, sans qu’ intervienne un quelconque relais du Gouvernement Ivoirien.


ABIDJAN, le 3 Janvier 1969.

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