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    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















Bruxe 1


JEUDI 29 MAI 1969 / LA CROIX

Le renouvellement de la convention de Yaoundé


Ce mercredi, le conseil des ministres du Marché commun se réunit à Bruxelles, avec, à son ordre du jour, le seul problème de l’association des pays du Marché commun avec les 18 États africains et malgache. Jeudi, c’est une réunion commune des pays du Marché commun et de leurs partenaires africains qui aura lieu, pour discuter des problèmes posés par le renouvellement de la Convention de Yaoundé qui expire le 31 mai prochain. Six après sa signature, comment se situent aujourd’hui les échanges entre l’Europe et l’Afrique.


Le 25 mars 1957, un traité signé à Rome, créait la communauté européenne, réunissant l’Allemagne fédérale, la Belgique, la France, les Pays-Bas et l’Italie. Dans sa quatrième partie, le traité de Rome envisageait l’association de la Communauté européenne et des "pays et territoires non européens entretenant avec la Belgique, la France, l’Italie et le Pays-Bas des relations particulières". Le 1er janvier 1958 s’ouvrait la période initiale de l’association qui se prolongea jusqu’au 16 juillet 1963. A cette date, à Yaoundé, capitale du Cameroun, fut signé une convention entre les États européens, membres de la ComMunauté, et 18 États africains et malgache . Mauritanie, Mali,Sénégal, Côte-d’Ivoire, Haute-Volta, Dahomey, Niger, Togo, Cameroun, Congo Brazaville, Congo-Kinshasa, Gabon, République Centrafricaine Tchad, Rwanda, Burundi, Bomelle, Madagascar. . Cette convention repose sur deux principes essentielsLire dans la Croix du 18 décembre 1968 l’article de Danièl Pépy.  :

- L’existence d’une zone de libre échange protégée ;

- La participation organisée aux investissements des États intéressés, grâce à la création d’un Fonds de développement (FED).


L’AFRIQUE N’EST PAS PRIVILÉGIÉE


A la veille du renouvellement de ces accords, et après six ans de fonctionnement, on peut faire les réflexions suivantes, qui éclaireront les réticences des Six à propos de cette nouvelle Convention :

- Est-il logique, comme le font les milieux d’affaires allemands au nom du régime de " préférence généralisée" préconisé par la Conférence du New Délhi, de placer sur le même plan des pays sous-développés comme le Tchad ou le Niger, et des pays en voie d’industrialisation comme le Brésil ou même la Bolivie ? Le produit national brut par habitant est par exemple, de 80 dollars au Niger, de 70 au Tchad, de 50 en Haute-Volta (la moyenne pour l’Afrique est de 112 dollars) alors qu’en Amérique latine, le chiffre le plus bas est atteint par la Bolivie avec 100 dollars par habitant et que la moyenne pour le continent latino-américain est de 405 dollars. Ces pays d’Amérique latine- où, depuis 1944 se sont établis de nombreux ressortissants allemands-constituent des marchés traditionnels pour les industriels allemands-au détriment des 18 Étas africains et malgache. Ceux-ci, loin d’avoir, conformément aux accords de Yaoundé, une position privilégiées par rapport aux pays tiers en voie de développement, sont, au contraire, défavorisés.


L’OBJECTIF DE L’ASSOCIATION EST POLITIQUE


- Faut-il considérer cette Association comme uniquement une opération de marchands ? A bien des égards- le régions concernées n’étant pas encore contaminées par la politique des blocs, - l’objectif recherché est politique. Dans un mémorandum remis par les 18 au Marché commun, les États associés soulignent qu’ils " considèrent leur Association comme un engagement de nature politique, instituant une zone de coopération privilégiée et de solidarité effective". c’est dans cet esprit qu’avait été signée la Convention de Yaoundé. En 1969, ces États souhaitent que le nouvel accord traduise en renforcement de la coopération et de la solidarité existantes. Les avantages tarifaires consentis aux 18 seront probablement reconduits, mais la question n’es pas encore tranchée pour ce qui concerne les autres préférences. Certains des Six -l’Allemagne et les Pays-Bas- estiment que ces préférences sont contraires à l’esprit " mondialiste" de la conférence de New-Delhi. En conséquence, il est envisagé qu’une solution transitoire supplée à la Convention de Yaoundé d’une nouvelle Convention.


LE RÔLE DES ENTREPRISES PRIVÉES


- La politique d’investissement se fait aussi au niveau des entreprises privées, et il est dangereux, aussi bien pour les Six que pour leurs partenaires africains, de voir se creuser le gouffre des fonds rapatriés. En 1962, le montant des fonds rapatriés de Côte-d’ Ivoire, par exemple, s’est élevé à 62 millions de dollars, et l’on estime qu’en 1970, il sera de 135 millions de dollars. Autrement dit, les bénéfices des investissements privés rapatriés atteindront la somme des subventions accordées chaque année par la FED aux dix-huit États africains et malgache.


Toutefois, malgré un climat financier et économique passablement troublé en Europe malgré les craintes des États africains et les critiques de certains États européens, il sera difficile aux un et aux autres de ne pas renouveler la convention d’association. Il n’en reste pas moins vrai qu’à Bruxelles les discussions seront serrées.

<signature
Ch. CASTERAN

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