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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















CENTRE D’ INFORMATION DU NIGER


TAITOUT 59-58
50-40
LE DIRECTEUR


13, BOUL HAUSSMANN
PARIS - IX’


I - L’ ECHELON POLITIQUE


Quand je suis arrivé à Ottawa le lundi 23 juin, l’ atmosphère était lourde. En effet, le Congrès du Parti Libéral au pouvoir s’ était achevé 48 heures auparavant sur un malaise : les jeunes députés avaient reproché aux ministres de leur parti et surtout au Premier Ministre, de ne pas les consulter assez souvent et d’ agir à leur guise, certains que les députés libéraux qui forment la majorité les suivraient.


Le résultat, c’ est que mon entrevue avec Trudeau qui était acquise auparavant - il ne restait, m’ avait-on dit, qu’ à fixer le moment - est tombée à l’ eau. Son directeur de Cabinet, M. Marc Lafonde, m’ a fait demander, par l’ intermédiaire de nos deux amis communs, le député André Ouellet et André Letendre, de ne pas insister pour obtenir mon entrevue. D’ autant, ont précisé nos deux amis, que l’ attaque contre Trudeau avait été menée par M. Goyer - il était à Niamey, et m’ a d’ ailleurs invité cette fois également à déjeuner avec lui - secrétaire parlementaire du Ministre des Affaires Etrangères, donc, théoriquement habilité à discuter des problèmes d’ aide et de coopération...


Bien entendu, je me suis gardé de passer outre à cette demande de Marc Lalonde, présenté par tout le monde, y compris l’ ambassadeur d’ Israël, comme l’ éminence grise du régime.


J’ ai rencontré Lafonde le 24 juin à 14 h 30, et l’ entrevue a duré plus d’ une heure. J’ avais demandé au préalable à ce qu’ aucun fonctionnaire ne soit présent à cet entretien et lui, de son côté, avait demandé que notre consul soit également absent, pour qu’ il y ait véritable tête-à-tête.


Après les préliminaires d’ usage, je lui dit que le mieux serait qu’ il lise d’ abord la note que j’ avais préparée et qui précise les données du problème. C’ est ce qu’ il a fait avec beaucoup d’ attention. Puis, il m’ a dit :



"C’ est terrible. Je ne comprends vraiment pas comment de tels retards peuvent se produire. Tant pis ; des têtes tomberont. Il n’ y a qu’ un seul moyen d’ obliger nos fonctionnaires à faire diligence : je leur demanderai dorénavant de me présenter tous les 15 jours un rapport sur l’ état d’ avancement de leurs activités, en ce qui concerne le Niger".


Je lui ai cité encore tout le retard des projets de la Mission Chevrier et entre autres, que les soeurs de Mariama n’ auront que l’ architecte en novembre prochain. Il a poussé de très hauts cris.


Nous avons discuté ensuite de la prochaine visite du Président au Canada et du sérieux avec lequel le Niger s’ y préparait. Par exemple :



1°- le Président compte inviter un groupe de journalistes canadiens de la presse écrite à visiter le Niger deux ou trois semaines avant sa propre visite ;


2°- il compte également inviter, à la même époque, une équipe de la télévision canadienne qui fera un reportage sur "une journée du Président Diori Hamani", mettant en relief, entre autres, ses efforts depuis quatre ans pour apprendre l’ anglais.
M. Marc Lalonde n’ était pas au courant de ce fait et il a été enthousiasmé d’ apprendre que le Président avait accepté d’ inclure ses leçons d’ anglais dans l’ émission ;


3°- le Président m’ a demandé de ramener un certain nombre de thèmes pour ses discours au Canada. Et à ce propos, j’ ai dit à M. Lalonde :



"Je crois que le Président penseait utiliser le thème du bilinguisme pour la bonne raison qu’ il y voit un facteur fondamental de l’ unité africaine. Or, les réticences à ce sujet de M. Gérard Pelletier à Niamey et celles que j’ ai ressenties à nouveau ici, me font douter..."


M. Lalonde m’ a coupé la parole en me disant :



"Il n’ y a absolument aucune objection, au contraire, à ce que le Président en parle, soit à Ottawa, soit à Montréal. Il nous rendrait un grand service..."


Nous avons parlé ensuite de l’ évolution de la situation intérieure en France (à développer).


En terminant mon entrevue avec M. Marc Lalonde, je lui ai dit brutalement :



"Vous savez à quel point le Président, depuis qu’ il a décidé de jouer la carte canadienne, s’ est engagé à fond dans la voie de la coopération entre deux pays. Il faut que cette volonté de coopération nigérienne provoque un écho de même ampleur au Canada. Le Président, certes, sait que cette volonté existe aussi à Ottawa. Mais il désirerait qu’ elle se matérialise vite. Il voudrait, et c’ est le but de ma visite, que l’ étude préliminaire des trois projets qui lui tiennent le plus à coeur - le barrage, la route de l’ unité et l’ Institut bilingue - soit accélérée de façon à ce que l’ accord officiel du Canada figure dans le communiqué final. Ce serait un désastre pour les deux pays s’ il s’ en retournait les mains vides. Le Président perdrait la face à Paris et chez ses collègues africains qui suivent ses efforts en direction du Canada avec beaucoup de scepticisme..."


Là, M. Marc Lalonde m’ a coupé encore, en disant, avec beaucoup de spontanéité :



"Soyez certain que c’ est la dernière chose que nous voudrions voir se produire. Nous sommes conscients de ce que le Président Diori Hamani a fait pour le Canada, ce qu’ il représente en Afrique francophone. Dites-lui que nous sommes favorables à ces trois projets, et qu’ il ne repartira pas les mains vides. Nous-mêmes voulons absolument que sa visite ici soit un très grand succès. Il sera le premier Chef d’ Etat à venir au Canada cette année et le nom de Diori Hamani n’ est plus inconnu au Canada.
"Soyez assuré que votre note sera transmise au Premier Ministre et qu’ il la lira ; je lui ferai moi-même un rapport fidèle et détaillé de notre conversation. Je suis très optimiste quant à l’ avenir des relations entre le Canada et le Niger.
"Si quelque chose ne marche pas, n’ hésitez pas à m’ écrire directement..."



En ce qui concerne le barrage, il faut toutefois ajouter un facteur négatif dont j’ ai eu connaissance à Montréal : une étude du gouvernement américain intitulée "Réorganisation de la Commission du fleuve Niger" publiée en août 1968, ne paraît pas très optimiste sur le W.

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