
A l’attention de Monsieur Yvon Bourges
Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères .
La note du Président Diori Hamani à l’attention de Monsieur Georges Pompidou , Président de la République Française , ne constitues imprévisibles ayant aggravé les problèmes permanents que le Niger affronte depuis son accession à l’Indépendance .
Les différents points évoqués dans cette note peuvent être explicités de la manière suivante :
I - LA BAISSES DES COURS DE L’ARACHIDE
Elle a retenti directement sur le revenu , pratiquement unique , du producteur nigérien , et par suite , sur l’ensemble de l’économie
nigérienne . La diminution des recettes fiscales , la difficulté croissante de la rentrée de l’impôt qui en découlent ont compromis et compromettent encore l’équilibre budgétaire ; elles rendent aléatoires l’exécution des prochains budgets et des plans de développement .
Le tableau ci - dessous précise les pertes de recettes à l’exportation entraînées par l’évolution du prix de vente de l’arachide.
– TABLEAU I -
UNITE : Poids : Tonnes - Prix moyen au Kilo : France CFA
VALEUR : milliers de France CFA .
Pour les campagnes 1963 / 1964 à 1966 / 66 le prix moyen tient compte des tonnages exportés sur la France aux prix garantis
Pour les campagnes 1967 /68 et 1968 / 69 , le prix moyen est celui du marché mondial.
II - L’epffonrements des cours du betail -
Le manque d’eau et de pâturage résultant de la sécheresse exeptionnelle , ont entraîner une mortalité du bétail qui constitue dès maintenant une véritable catastrophe national : la perte du cheptel en région sahélienne dépasse 50% ; elle atteint 75% pour le cheptel forcé de demeurer dans l’Air .
La chute des prix est désastreuse : à INGALL par exemple , la génisse de 4 ans , qui valait de 8,000 à 10,000 francs , est vendue de 1,000 à 3,500 francs .
Le prix du mouton normalement fixé entre 850 et 1,500 Fr. tombe entre 100 et 6,000 frs. alors qu’en periode normale , il état en moyenne de 15,000 frs.
En outre , le débouché du Nigeria est pratiquement fermé depuis deux ans ; pareuité de la situation politique dont souffre ce client traditionnel , de beaucoup le plus important .
III - La Deterioration constante des termes de l’echange
Elle peut se traduire par le tableau suivant , établi à partir des données statistiques publiées par l’I.N.S.E.E. en Octobre 1963 et en Octobre 1967.
IV - LA DIMINUTION DU REVENU NATIONAL
Si , de 1960 à 1966 , le revenu national a crû de 4% par an , il est vraisemblable qu’il s’est ensuite accru moins vite que le taux de pression démographique , pour stagner et même régresser en 1969.
L’explication de cette situation alarmante réside dans les faits exposés plus haut (arachide , échanges , bétail : la reconstruction d’un cheptel diminué de plus moitie ne pourra être réalisée avant au moins dix années et cette perte est de l’ordre de 4 à 5 milliards de francs).
V - LE PROBLÈME BUDGÉTAIRE -
La crise économique qui dure depuis des années et qui résulte des événements du Nigeria , en particulier de la dévaluation de la livre et du boulversement des échanges , a eu et a encore pour effet de compromettre l’équilibre budgétaire par l’accumulation des déficits .
Le Niger n’a le choix qu’entre deux issues :
Ou bien l’équilibre est rétabli annuellement par tous les moyens : restrictions , voire diminution draconiennes des dépenses : aggravation de la fiscalité qui , dans les circonstances actuelles , ne peut porter que sur le secteur économique moderne . Les conséquences d’après les études des financiers , en seront l’arrêt du développement , les équipements n’étant plus correctement , ni entretenus , ni prix en charge , et même un récession , les charges fiscales nouvelles provoquant un accroissement
d’environ 5% du coût des biens et services modernes ; ces conséquences rendront chaque année plus difficile l’établissement de l’équilibre , et il est à craindre en faits que le déficit réel ne devienne inévitable , plongeant le Niger dans une situation sans issue .
Ou bien , on étudie dans un carte pluri - annuel les conditions d’un retour à l’équilibre , ce qui permet , tout en éxerçant une constrainte sévère , d’accorder le minimum indispensable en fonction des priorités de la planification budgétaire , de ne pas aggraver la pression fiscale et ainsi de maintenir les conditions d’un développement modeste en attendant qu’à parti de 1975 , le fruit de l’effort antérieur et de l’exploitation de l’Uranium permette d’envisager une croissance un peu plus rapide et mieux équilibrée .
Mais les perspectives des recettes fiscales à provenir de l’exploitation de l’uranium dans l’hypothèse la plus favorable ( usine de 1,500 tonnes) sont encore fort éloignées : les recettes directes n’apparaîtront qu’en 1971 , pour 40 millons seulements , elles n’atteindront 350,000,000 de francs qu’en 1975 et ce n’est su’en 1983 qu’elles plafonneront à environ 900 millions .
En tout état de cause , une aide extérieure substantielle est nécessaire et indipensable pour appuyer les mesures de redressement que le Niger est résolu à prendre dès le prochain budget.
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