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C-014-001

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    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.
















République du Niger
Fraternité - Travail - Progrès


Présenté par Diori a
Pompidou et a Bourges
les 7 et 8 . 7 .69


photo faite

Le Président de la République

NOTE


à l’attention de Monsieur Yvon Bourges
Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères


La note du Président Diori Hamani à l’attention de Monsieur Georges Pompidou , Président de la République Française , ne constitue qu’un rapide esquisse des faits économiques imprévisibles ayant aggravé les problèmes permanente que le Niger affronte depuis son accession à l’indépendance .


Les différents points évoqués dans cette note peuvent être explicités de la manière suivante :


I - La Baisse des cours de l’ l’arachide  :


Elle a retenti directement sur le revenu , pratiquement unique , du producteur nigérien , et par suite , sur l’ensemble de l’économie nigérienne . La diminution des recettes fiscales , la difficulté croissante de la rentrée de l’impôt qui en découlent ont compromis et compromettent encore l’équilibre budgétaire ; elles rendent aléatoires l’exécution des prochains budgets et des plans de développement .


Le tableau ci -dessous précise les pertes de recettes à l’exportation entraînées par l’évolution du prix de vente de l’arachide.

TABLEAU 1.


Unite : Poids : Tonne
Prix moyen au kilo
Valeur : milliers de frs CFA


Pour les campagnes 1963-64 à 1966-67 le prix moyen tient compte des tonnage exportés sur la France aux prix garantis


Pour les campagnes 1967-68 et 1968-69 le prix moyen est celui du marché mondial



Campagnes arachidières


Tonnage exporté


Prix moyen au kilo



Valeur


Valeur aux prix 1962-63


Différence


Observations


1962-63 pagne de référence


82.600


52,50


4.336.500


-


-


Totalité exportée sur la France


1963-64 1964-65 1965-66 1966-67

98,705 85,305 133,182 175,845

51,45 49,48 48,135 46,88

5,078,787 4,478,512 6,411,197 8,244,000


5,182,012 4,478,512 6,992,055 9,231,862

103,225 257,785 580,858 987,862

Période de transition . La France importe un contingent à des prix garantis mais inférieurs au prix de 1962 - 63

1967-68 1968-69

161,402 136,000

38,76 45

6,255,941 6,120,000 36,330,652

8,526,105 7,140,000 41,550,546

2,270,164 1,020,0005,219,894

Exportation aux prix du marché mondial

II - L’effondrement des cours du bétail :


Le manque d’eau et de pâturage résultant de la sécheresse exeptionnelle ont entrainé une mortalité qui constitue dès maintenant une véritable catastraphe national : le perte du cheptel en région sahélienne dépasse 50% : elle atteint 75% pour le cheptel forcé de demeurer dans l’Aïr .


La chute des prix est désastreuse : à Ingall par exemple , la génisse de 4 ans , qui valait de 8,000 à 10,000 francs ; est vendue de 1,000 à 3,500 francs .

Le prix du mouton normalement fixé entre 850 et 1,500 Rf tombe entre 100 et 500 francs ; celui du chameau baisse entre 1,500 et 6,000 francs alors qu’en période normale il étaint en moyenne de 15,000 francs .

En outre , le débouché du Nigéria est pratiquement fermé depuis deux ans , par suite de la situation politique dont souffre ce client traditionnel ; de beaucoup le plus important .

III - La détérioration constante des termes de l’échange :


Elle peut se traduire par le tableau suivant , établi à partir des données statistiques publiées par l’I.N.S.E.E. en octobre 1963 et en octobre 1967 .

TABLEAU 2

DA / MDj


Commerce exterieur du Niger 1961 à 1966

M - Monde

CEE = Pays du marché commun

F = France


P - poids ( en tonne) ; V - valeur ( en million de francs CFA)

VtI - valeur moyenne de la tonne importée (en francs CFA)

VtE = " " " " exportée ( en francs CFA)


Années


Pays


Importations


Exportations


Rapports Vt I Vt E


Balance commerciale


Couverture des Importation par les Exportations en %


V


P


Vt I


V

P


Vt E


1961


M CEE F


4,653 2,606 2,334


74,200 28,965 20,305


62,574 89,555 113,962


3,824 2,971 2,969


87,669 39,578 39,557


43,618 39,578 39,557


1,44 2,27 2,87


- 829 + 365 + 635


82,1 114,0 127,1


1962


M CEE F


6,779 3,980 3,616


101,200 44,059 32,267


66,996 90,331 112,064


3,581 2,028 2,009


111,536 74,438 74,118


32,106 27,243 27,105


2,09 3,29 4,13


- 3,198 - 1,952 - 1,607


52,8 51,0 55,5


1963


M CEE F


5,607 2,686 2,384


81,500 33,689 26,879


68,790 79,131 88,692


4,864 3,457 3,437


126,327 88,515 88,434


38,503 39,055 38,853


1,78 2,02 2,28


- 733 + 771 + 1,053

87,6 128,6 144,1


1964


M CEE F


8,289 5,423 4,628


96,900 41,491 33,977


85,438 130,706 136,209


5,326 3,692 3,611


148,490 103,437 101,316


35,867 35,703 35,640


2,38 3,66 3,82


- 2,953 - 1,731 - 1,017


64,3 68,0 78,0


1965


M CEE F


9,400 5,984 4,944


97,500 36,493 30,025


96,410 163,976 164,162


6,250 3,641 3,512


178,271 97,608 94,408


35,059 37,302 37,306


2,75 4,39 4,41


- 3,150 - 1,723 - 1,432

66,0 68,0 71,0


1966


M CEE F


11,115 6,826 5,730


117,750 40,685 33,639


94,394 167,776 170,338


8,574 5,771 4,705


229,885 156,955 126,366


37,297 36,768 37,231


2,53 4,56 4,57


- 2,541 - 1,055 - 1,025


77,1 84,5 82,1


1967


M CEE F


11,352 5,095 5,457


118,650 88,187 30,463


95,676 66,846 179,135


8,573 2,069 6,504


228,059 47,470 180,589


37,591 43,585 36,015


2,54 1,53 4,97


- 2,779 - 3,626 + 1,047

75,5 35,0 119,1

Par rapport à ce rapport moyen l’année 1966 accuse une diminution de 31% du rapport d’échanges .


Travail effectué à partir des " Données Statistique " Publiés par l’INSEE" N°4 octobre 1963 et N° 4 octobre décembre 1967./.


IV - La diminution du revenu national  :


Si , de 1960 à 1966 , revenu national a crû de 4% par an , il est vraisemblable qu’il s’est ensuite accru moins vite que le taux de pression démographique , pour stagner et même régresser en 1969 .


L’explication de cette situation alarmante réside dans les fais exposés plus haut (arachide , échanges , bétail : la reconstitution d’un cheptel diminué de plus de moitié ne pourra être réalisée avant au moins dix années et cette perte est de l’ordre de 4 à 5 milliards de francs ) .


V- Le problème budgétaire :


La crise économique qui due depuis des années et qui résulte des événements du Nigeria , en particulier de la dévaluation de la livre et du bouleversement des échanges , a eu et a encore pour effet de compromettre l’équilibre budgétaire par l’accumulation des déficits


Le Niger n’a le choix qu’entre deux issues :
Ou bien l’équilibre est rétabli annuellement par tous les moyens : restrictions , voire diminutions draconiennes des dépenses ; aggravation de la fiscalité qui , dans les circonstances actuelles , ne peut porter que sur le secteur économique moderne . Les conséquences d’après les études des économistes et des financiers , en seront l’arrêt duc développement , les équipements n’étant plus correctement ni entretenus ni pris en charge , et même une récession , les charges fiscales nouvelles provoquant un accroissements d’environ 5% du coût des biens et services modernes ; ces conséquences rendront chaque années plus difficile l’établissement de l’équilibre , et il est à craindre en faits que le déficit réel ne redevienne inévitable , plongeant le Niger dans une situation sans issue .


Ou bien on étudie dans un cadre pluri - annuel les condition d’un retour à l’équilibre , ce qui permet , tout en exerçant une contrainte sévère , d’accorder le le minimum indispensable en fonction des priorités de la planification budgétaire , de ne pas aggraver la pression fiscale et ainsi de maintenir les conditions d’un développements modeste en attendant qu’à partir de 1975 le fruit de l’effort antérieuret de l’exploitation de l’Uranium permette d’envisager une croissance un peu plus rapide et mieux équilibrée


Mais les perspectives des recettes fiscales à provenir de l’exploitation de l’uranium , dans l’hypothèse la plus favorable ( usine de 1,500 tonnes) sont encore fort éloignées les recettes directes n’apparaîtront qu’en 1971 ,et pour 40 millions seulement ; elles n’atteindront 350,000,000 de francs qu’en 1975 et ce n’est qu’en 1983 qu’elles plafonneront à environ 900 millions .


En tout état de cause , une aide extérieure substantielle est nécessaire et indispensable pour appuyer les mesures de redressement que le Niger est résolu à prendre dès le prochain budget .

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