Annexe3 : Tract du MRCI

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Lettre ouverte à Monsieur Konan Bédié
"Docteur" de l’Université,
Ministre des Affaires Economiques et Financières
President de la Commission du Développement du Bureau Politique du PDCI


Monsieur le Ministre,


Il ne suffit pas d’ergoter à Bouaké ou à Dimbokro, au cours d’une prè- campagne présidentielle, pour avoir raison. Quant aux mensonges et aux insultes, ils n’ont jamais réussi à masquer une gestion financière viciée.


De quoi s’agit-il ? Le Fonds Monétaire International, en partant de chiffres fournis par vos services, par vos fonctionnaires, au établi trois rapports- SM/71/210, SM/71/211 et SM/71/212-dont deux de caractère confidentiel.
Ces rapports vous condamnent sans rémission : ils ne se limitent nullement, comme vous le prétendez, à de menues critiques sur la construction simultanée du Port de San Pedro et du barrage de Kossou. Ces trois rapports, chiffres à l’appui, font la preuve que vous avez été le fossoyeur du "miracle ivoirien". Il s’agit d’admettre ou de réfuter l’existence de ces rapports.


Vous avez osé prétendre, publiquement, que l’un des ces rapports-le SM/71/212 du 9 août 1971-était favorable à votre gestion, alors qu’il
l’accable. Pour faire la preuve de votre bonne foi, et démasquer définitivement les "esprits chagrins, les journalistes vénaux ou ", il vous suffirait de mettre des copies du TEXTE INTEGRAL DE CE RAPPORT élogieux à la disposition de vos collègues ministres. que vous n’en, ferez rien.


Payer pour obtenir un "doctorat", est une simple gawinerie, une manifestation d’immaturité, alors que l’économie est une chose sérieuse. Comment pouvez-vous parler de santé économique, quand on sait que Blohorn essaie, non pas de vendre, mais de brader ses installations de Côte d’Ivoire pour se reconvertir dans le remorquage à et dans les Antiles. Quand la BIAO la Banque Worms, la Banque de Paris et des pays Bas déconseillent à leurs clients d’investir en Côte d’Ivoire, vous êtes payé aussi pour savoir que le président de la BNP n’était pas, venu à Abidjan pour inaugurer un immeuble ou pour se faire décorer par vous/


Venons-en. maintenant à votre gestion budgétaire : votre propre quotidien a reconnu l’année dernière qu’il y avait. un trou de 31 milliards dans le budget de 1970. Dans votre propre ministère on parle d’un d ficit encore plus grand, de 37 milliards, à fin 1971.


Parce que des journalistes ont eu le courage de rapporter tout cela à leurs lecteurs, vous les avez accusés d"’être-vénaux ou affamés". Or, Monsieur le Ministre, vous êtes orfêvre en la matière puisque, contrairement à tous vos collègues, vous êtes le seul Ministre à disposer souverainement de fonds pour payer des journalistes. Vous ne vous privez pas d’user et d’abuser de ce privilège. Selon votre éthique, qui est affamé et vénal : celui qui dit le vérité sans toucher un sou ou celui qui passe à votre caisse pour rendre hommage à votre "sage gestion" ?,


Un dernier mot. De grâce, Monsieur le Ministre, au cas où vous jugeriez une réponse publique nécessaire, évitez de répondre à côté comme vous en avez l’habitude. Veuillez également citer des noms, ceux des "esprits chagrins", des "journalistes vénaux" et des "journalistes affamés".


M.R.C.I.

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