Annexe V

Extraits des Poèmes de M. Coffi Gadeau Germain (1949-1950)

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A tous les martyrs qui jalonnent
Le dur « chemin de l’honneur »
A vous Mockey, Ekra, Paraïso

Ces lignes. N’y cherchez que l’idée : l’exécrable

Jubilation des renégats mercenaires
Quant à la forme, camarades héros
Ne m’en tenez pas rigueur.
Car des Dadié je n’ai pas le luth.
C’est le peu que j’ai appris
Parce que ces égoïstes et méchants personnages
N’ont voulu que j’en sache davantage
Que je mets au service de mon pays.

Sautille petit moineau


Sautille petit moineau
Couvert de l’impunité administrative
De connivence avec la réaction abusive
Qui dans sa main te tient
Cette main pour opprimer les tiens
Sautille petit moineau
C’est l’heure des illusions frivoles
Au rythme affolant de la farandole.

De la farandole qu’hier
La francisque à leur poitrine luisant
Tes pairs, légionnaires et Kollabos
Au triste chant : « de Maréchal nous voilà »
Alors que la France des Mirabeau
Frémissait sous la botte nazie
Et que Francs-Tireurs et Partisans
Payaient de leur vie
Dansaient, exécrable danse à la Gestapo
Sur les cadavres de ces héroïques soldats
Sans insigne, ni uniforme, tombés avec gloire
Aux poteaux d’exécution, aux fours crématoires
D’Oradour, du Mont-Valérien, de Bordeaux.

Toi aussi petit moineau
Sur les cendres des victimes de l’exploitation
Sur les plaies de chaleur tout fumant
Des peuples en lutte pour leur libération
Parce qu’effrayé par les prisons et leurs chaînes
Parce qu’ébloui par l’argent qui enchaîne
Cet argent à tes frères volé

Mais ma voix petit moineau
Ma voix de colère tant chargée
Par-delà les murailles de leurs bastilles
De village en village, hameau en hameau
Ira, à l’Afrique, porter mon serment
Mon serment d’indéfectible fidélité
A la cause de la liberté

Vas vite, traitre
Épauler ta carabine à l’éléphant
Et sur la foule, fais feu scélérat.
Puis reviens à l’ombre des mitrailles de tes maîtres
Te blottir pour te déclarer innocent

Et accuser les militants du R.D.A.

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Épauler ta carabine à éléphant
Et sur la foule, fais feu, scélérat
Puis reviens, reviens vite traître
A l’ombre des mitrailles de tes maîtres
Te blottir pour te déclarer innocent
Et accuser les dirigeants du R.D.A.
Pourquoi pas ? Un corbeau en chaire
Ou un faisan au plumage vermeil
De leur satin aux ordres te couvrant
Ne légitimeront ton crime
Pour condamner ma peccadille ?

Coffi Gadeau Germain

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