La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
Annexe I

ENTRETIEN AVEC MAÎTRE STIBBE

Entrevue avec Maître Stibbe le 14 janvier 1976
en compagnie de Gilbert Comte

(Notes transcrites dans l’heure qui suivit la rencontre)

1. Madame Stibbe est arrivée en Côte d’Ivoire au printemps 1949 et y est restée, durant son premier séjour, jusqu’en octobre. Durant cette période, elle habitait chez Houphouët à Treichville. Houphouët participait régulièrement aux réunions du groupe d’études communiste. Mieux, il faisait reproche à Mme Stibbe, qui n’était pas membre du P.C., de refuser d’y participer.

2. « La première fois que j’ai rencontré Houphouët, dit-elle, il m’a déçue. Je m’attendais à voir un Lénine africain et je n’avais en face de moi qu’un politicien de village. Il n’avait pas d’envergure. Il était plus malin qu’intelligent. Selon moi, d’Arboussier ou Ouezzin étaient intellectuellement supérieurs à Houphouët ».

3. Alloh Jérôme avait représenté le R.D.A. au Congrès de la Paix à la salle Pleyel (printemps 1949) et était rentré en Côte d’Ivoire avec Madame Stibbe.

4. Les causes du désapparentement :

a) - Peur physique d’Houphouët, impressionné par l’assassinat de Biaka Boda. C’était pourtant un homme effacé : il a été assassiné pour frapper précisément l’esprit des leaders du R.D.A. Après l’affaire de Dimbokro, Houphouët n’est pas sorti des semaines durant de Yamoussoukro.
- Ou peur physique d’aller en prison, de perdre sa liberté, de vivre dans la promiscuité comme cela se passait à la prison de Grand Bassam.
- Peur aussi de la destruction possible du R.D.A. dont les cadres avaient payé un lourd tribut à la répression et se trouvaient en prison. Seul Coffi Gadeau n’avait pas été arrêté et était le grand patron du R.D.A. durant la période de la répression.

b) Les maladresses du P.C. qui donnait trop de directives à Houphouët alors que ce dernier, imbu de sa personne de “chef” - et pas seulement de chef coutumier - et de grand leader, se montrait réticent à recevoir des directives de qui que ce soit.

c) Le sectarisme des dirigeants communistes français pour l’Afrique, comme Barbé et Feix, alors que les sénateurs communistes Franceschi ou Odru étaient beaucoup plus souples, mais avaient aussi moins d’emprise sur l’organisation du P.C.

d) Les intérêts de classes.

e) Les promesses de Mitterrand à Houphouët qui étaient toutefois

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