Face au nationalisme arabe
Nationalisme et URSS

L’appa­ri­tion, en force, de I’URSS sur la scène proche-orien­tale est de date très récente. Jusqu’en 1955, elle se contente de mani­fes­ter spo­ra­di­que­ment sa pré­sence ; elle est tou­jours la pre­mière à reconnaî­tre l’indé­pen­dance des nou­veaux États. Ainsi le 8 jan­vier 1926, Ibn Seoud se pro­clame roi du Hedjaz, Moscou le reconnaît en tant que tel trente-quatre jour plus tard, soit 15 mois avant la Grande-Bretagne ; durant la crise de 1945, en Syrie, l’ambas­sa­deur sovié­ti­que au volant de sa propre voi­ture sous­trait le pré­si­dent du Conseil syrien aux pour­sui­tes des auto­ri­tés fran­çai­ses ; à l’ONU, on trouve tou­jours l’URSS aux côtés des repré­sen­tants de Damas et de Beyrouth contre ceux de Paris, dans le camp des délé­gués du Caire contre celui de Londres. etc. Mais aucune ten­ta­tive patente d’exploi­ter une situa­tion qui lui est théo­ri­que­ment favo­ra­ble.

La situa­tion change pro­gres­si­ve­ment en 1955. L’Occident, de ses pro­pres mains, lui ouvre une brèche dans les murailles de ce qui était sa chasse gardée : en février de cette année ; est signé, dans la capi­tale ira­kienne, l’accord qui devait donner nais­sance au funeste pacte de Bagdad. Tous les natio­na­lis­tes du proche Orient crient à la tra­hi­son. Les diri­geants égyptiens et syriens, eux, ne se conten­tent pas de crier : ils hur­lent. Le résul­tat se fait sentir deux

mois plus tard, à la Conférence de Bandoeng, où les natio­na­lis­tes d’Asie et d’Afrique se récla­ment offi­ciel­le­ment du « neu­tra­lisme ». La réac­tion sovié­ti­que - au pacte de Bagdad - se limite tou­te­fois à une note, datée du 16 avril, dans laquelle Moscou relève que « la situa­tion en moyen Orient s’est gran­de­ment dété­rio­rée ces der­niers temps ».

A la Conférence des Quatre Grands, tenue à Genève en juillet 1955, le monde arabe ne figure même pas à l’ordre du jour ; de toute façon, il ne faut pas « intro­duire I’URSS en proche Orient ».

L’Occident lance à ce moment son second défi à Abdel Nasser. Ne

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