Face au nationalisme arabe
Nationalisme et Islam


De nos jours, les pays touchés par la fièvre nationaliste sont surtout arabes et musulmans. D’où une tendance, volontaire ou non, à la confusion. Et celle-ci est d’autant plus aisée que le nationalisme arabe se heurte partout à l’Occident. On confond donc, dans une première étape, nationalisme et Islam. On transpose, ensuite, la lutte du nationalisme contre les ex-puissances coloniales et leurs alliés, sur le plan de la rivalité islam - christianisme.


Cette interprétation erronée - pour ne pas dire fantaisiste - est basée sur un double phénomène. D’une part, la préférence naturelle des pays dominants à camoufler leur politique de puissance derrière un rideau de hautes valeurs morales et, de l’autre, les nombreuses références des radios du Caire et de Damas à l’Islam, au Coran, aux Hadith, ou au Prophète, pour appeler à la révolte les peuples arabes « non libérés ».


Cette tendance à considérer sous l’angle islamique, une simple manifestation patriotique apparaît clairement dans

l’ouvrage Le tapis doré consacré par M. Somerset de Chair, député aux Communes, à la révolte de Rachid Ali el Gailani.


On sait que celui-ci a profité des embarras de la Grande-Bretagne au début de la seconde guerre mondiale pour essayer, en avril-mai 1941, de débarrasser l’Irak de l’hégémonie anglaise.


Somerset de Chair, officier dans les forces des généraux Clark et Glubb envoyées pour réprimer la rébellion, faisait alors partie de la délégation anglaise chargée de négocier - dans Bagdad même - les conditions de l’armistice demandée par les troupes irakiennes. « Les soldats ainsi que la foule pittoresque et bigarrée des villes orientales, écrit-il, nous regardaient avec une lueur de haine dans leurs yeux sombres et crachaient avec mépris sur le passage des infidèles ».


Pourtant, Dieu sait que ces expectorations visaient les seuls Anglais et non les « Infidèles ». Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler que le 30 avril 1941, quatre semaines avant la scène décrite par M. de Chair, Rachid Ali el Gailani avait demandé à d’autres Infidèles - ceux de l’Allemagne nazie - d’accourir à son secours. Et si Hitler avait pu

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