Conseiller du Président Diori
Niamey I et Niamey II

Mais si le Canada par­ti­ci­pait ainsi au ren­for­ce­ment de l’unité du Niger, celui-ci avait joué un rôle de tout pre­mier plan dans la lutte d’Ottawa contre les pêcheurs en eaux trou­bles au Québec. Et l’appui du Niger au Canada s’était mani­festé de façon déci­sive dans le cadre des deux confé­ren­ces de Niamey qui devaient donner nais­sance à la « Francophonie ».

Elle fit couler beau­coup d’encre. Elle fut la cause de grands tracas pour le Niger et d’affron­te­ments étonnamment sévè­res entre Niamey et cer­tains milieux poli­ti­ques pari­siens. Chose para­doxale, ce combat fut autre­ment dif­fi­cile pour le Président que celui qu’il avait mené pour la pré­ser­va­tion de l’unité du Nigéria. En effet, les cadres nigé­riens n’ayant pas com­pris l’ampleur de l’enjeu, ne sou­te­naient pas avec suf­fi­sam­ment de vigueur _contrai­re­ment à ce qui s’était passé lors de la guerre civile au Nigéria_ l’action du Président. Ils traî­naient les pieds quand ils ne le blâ­maient pas de s’être engagé dans ce qui appa­rais­sait comme une impasse, voire un coupe-gorge, en tout cas un ins­tru­ment de « l’impé­ria­lisme fran­çais ».

Effectivement, de nom­breux intel­lec­tuels afri­cains _et fran­çais_ s’oppo­saient et s’oppo­sent, par­fois avec vigueur, à la dif­fu­sion de la langue fran­çaise en Afrique fran­co­phone. Certains jus­ti­fient cette hos­ti­lité par leur souci d’éviter une accé­lé­ra­tion du pro­ces­sus d’accultu­ra­tion des peu­ples afri­cains. D’autres vont plus loin et par­lent du danger de « géno­cide cultu­rel ». D’autres encore, ils for­ment la majo­rité, se refu­sent à pren­dre parti : ils hési­tent à opter entre moder­nisme et tra­di­tion, ora­lité et écriture, fran­çais et lan­gues afri­cai­nes. Quant aux lin­guis­tes...

Le Président, lui, n’avait pas de com­plexes. La langue fran­çaise et l’Organisation à naître ren­for­ce­raient-elles l’unité natio­nale du Niger et celle des autres pays où le fran­çais est, pour des rai­sons his­to­ri­ques évidentes, la langue de com­mu­ni­ca­tion ? La réponse étant posi­tive _et per­sonne

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