Conseiller du Président Diori
Tractations à Paris et à Niamey

La chute du pré­si­dent Diori ne devait pas mettre fin à mon inté­rêt pour le Niger dans la mesure même où un ami se trou­vait injus­te­ment privé de liberté. Flux accru et per­ma­nent d’infor­ma­tions en pro­ve­nance de Niamey, échanges accé­lé­rés de let­tres et de docu­ments, contacts mul­ti­ples avec offi­ciers, diplo­ma­tes, fonc­tion­nai­res ou sim­ples citoyens nigé­riens, à l’amitié ancienne ou toute fraî­che, en por­tent témoi­gnage.

Mais dans les jours qui sui­vent ce 17 avril 1974, je suis dans le désar­roi le plus total. J’essaie de com­pren­dre. Je cher­che à connaî­tre la posi­tion réelle de chacun de mes amis dans cette affaire. Je veux obte­nir des infor­ma­tions, des ren­sei­gne­ments. Des coups de fil par­tent donc de pays tiers vers Niamey.

La toute pre­mière lettre porte la date du 20 avril et la men­tion « détruire après lec­ture ». Reçue le 21, elle signale entre autres que le bureau de Maitouraré à la Présidence reste inter­dit, qu’il se trouve au siège de la SONORA, « et hier Sani était avec lui de 16 h 30 à 18 heures. » Quant à « Sahidou Alou [1], il a déjà viré (de bord) », tandis que « le vieux Issa [2]... était à la tête des anciens com­bat­tants venus rendre hom­mage au Chef du nou­veau régime. »

Dans une lettre du même jour, je pose cer­tai­nes ques­tions aux­quel­les il est répondu le 26. L’atmo­sphère à Niamey, à la Présidence et dans les minis­tè­res, paraît lugu­bre. On m’annonce de nou­vel­les arres­ta­tions dont celle d’Issa Boubé, le chef du Protocole, le 20 avril, et son rem­pla­ce­ment par le capi­taine Kimba, ex-aide de camp du Président. Le capi­taine Kimba veut, semble-t-il, se dis­so­cier des auteurs du coup puisqu’il répète à qui veut l’enten­dre : «  Les grands ont fait le coup et nous, les petits, nous devons suivre. » Maitouraré serait « dans le coup sinon com­ment expli­quer qu’il soit en

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