Conseiller du Président Diori
Le putsch : réalités et exégèses

Quelques rares col­la­bo­ra­teurs et amis du Président ont vécu ce lundi de Pâques et les deux jours sui­vant _les 16 et 17 avril 1974_ dans un état de ten­sion extrême (ndle). Tension qui, bien­tôt, cédera la place à une las­si­tude nau­séeuse. La tra­hi­son de ces offi­ciers, de ces amis, leur par­jure, auront sur moi un effet par­ti­cu­liè­re­ment démo­ra­li­sant.

Le film des événements de cette jour­née com­mence, pour moi, à 9 h 30. Je reçois une com­mu­ni­ca­tion télé­pho­ni­que de M. Aboubacar Sidibé, ambas­sa­deur du Niger en France. M. Foccart vient de l’aviser, me dit-il, d’un coup d’État au Niger. Il me demande de passer le voir immé­dia­te­ment. Avant d’y aller, je prends l’ini­tia­tive d’entrer en contact avec Gilbert Comte, conseiller offi­cieux du pré­si­dent Diori, pour le mettre au cou­rant de ce qui se passe à Niamey et lui sug­gé­rer de venir nous rejoin­dre à la rési­dence de l’ambas­sa­deur.

Durant ces trois jours, M. Sidibé aura une atti­tude exem­plaire. Il se trouve dans une posi­tion pour le moins déli­cate : il est l’un des trois Nigériens _ avec Maitouraré Gadjo et le com­man­dant Sani Souna Sido_ les plus pro­ches de M. Diori Hamani. Il n’oubliera pas pour autant son rôle de ser­vi­teur de l’État nigé­rien. Tant qu’il n’aura pas la cer­ti­tude, la confir­ma­tion de la prise du pou­voir par les mili­tai­res, il res­tera iné­bran­la­ble­ment fidèle à celui qui lui avait donné ses let­tres de créance. Mais quand arri­vera le moment du choix, il se réfu­giera dans une neu­tra­lité de bon aloi, dans son rôle de repré­sen­tant de l’État nigé­rien, et il ne me vien­dra même pas à l’esprit de l’en blâmer. Dans l’immé­diat, on réflé­chit à ce qui peut être fait.

Gilbert Comte pro­pose à l’ambas­sa­deur de télé­pho­ner au pré­si­dent Houphouët-Boigny. Je m’y oppose, consi­dé­rant qu’il s’agit là d’une démar­che super­flue. N’avions-nous pas appris qu’il avait dit à Hampaté Ba _son ami malien de longue date_ quel­ques semai­nes aupa­ra­vant : « Diori m’a trahi... Il aura bien­tôt des his­toi­res » ? Comte insiste : il serait bon,

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