Conseiller du Président Diori
Le combat pour la revalorisation du prix de l’uranium

De 1960, date de l’accession du Niger à l’indépendance, au coup de force du 15 avril 1974 qui devait l’éloigner de la scène politique africaine, le Président Diori a lutté d’arrache-pied pour obtenir l’exploration du sous-sol nigérien, la mise à jour et l’exploitation de ses richesses, au mieux des intérêts de son peuple. Il était prêt à prendre tous les risques, et il les a effectivement pris, sans jamais en sous-estimer les conséquences. Je suis bien placé pour en porter témoignage.

En 1966, dès notre première entrevue en tête-à-tête, le président Diori m’avait montré qu’il ne se faisait guère d’illusions sur le devenir de son pays. Pour lui, il s’agissait de « tenir » jusqu’à la matérialisation des promesses du sous-sol nigérien, et en particulier de l’uranium, seule capable de permettre le décollage économique et social du Niger.

Huit années durant, il essaiera obstinément d’accélérer le processus de valorisation du sous-sol. Pour ce faire, il multipliera les initiatives pour contourner ou surmonter les obstacles accumulés par les textes et les intérêts de la puissance tutélaire. Il redoublera encore d’efforts quand, au début des années 70, une longue période de sécheresse débouchera sur la famine. Enfin, dans le contexte de la hausse vertigineuse du prix du brut, qui passe de 2,48 dollars le baril en décembre 1971 à 11,65 dollars deux ans plus tard, il croira possible de forcer la main de son partenaire français et d’obtenir ce qu’il pensait être dû à son pays.

Il sera renversé par un quarteron d’officiers, à quarante-huit heures de la réunion décisive des délégations nigérienne et française.

À l’origine, on trouve l’accord-butoir de défense du 24 avril 1961 liant trois des pays de l’Entente à la France. Ce document de base régit les relations franco-nigériennes en matière d’uranium. Son annexe II stipule en effet que « La République du Niger, la République du Dahomey, et la République de Côte d’Ivoire... facilitent au profit des forces armées françaises le stockage des matières premières et produits stratégiques. Lorsque les intérêts de la défense l’exigent, elles limitent ou interdisent leur exportation à destination d’autre pays [1]. »

À l’époque de la Loi-Cadre, le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) avait entrepris plusieurs campagnes de prospection dans la partie

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