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N-24-015-001 - NOTES - Classeur N - Fonds d'archives Baulin

N-24-015-001

  • Recherche textuelle
  • Brèves
  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















PERSPECTIVES NIGÉRIENNES .


Juin-Juillet 1968


MENSUEL n° 20


SOMMAIRE


Voyage d’amitié au Soudan


1


Tournée à l’intérieur du pays


2


La politique extérieure du Niger


2


Réunion du Conseil de k’Entente


2


Session de l’Accord dur le sucre


3


L’Association Eurafricaine


3


La campagne arachidière


4


Aide de la France


5


Un officiel américain au Niger


6


L’emploi des jeunes en Afrique


6


L’enseignement au Niger


7


Hommage au Président Boubou hama


8


"Francophonie 68"


8

VOYAGE D’AMITIE AU SOUDAN


LE VOYAGE D’AMITIÉ AU SOUDAN


Le voyage que le Chef de l’Etat nigérien de l’Etat vient d’accomplir au Soudan , du 21 au 28 juin , rêvet sa pleine signification si l’on se souvient du rôle de conciliateur qu’il avait joué à la fin de l’année 1966 dans le conflit frontalier qui opposait le Tchad au Soudan .


Après la conclusion d’un accord entre les deux parties , le Président El Azhari du Soudan avait remercie le Chef d’Etat nigérien du rôle de médiateur qu’il avait accepté de tenir dans le conflit . Dans son message personnel , le Président du Conseil Suprême du Soudan déclarait notamment :

"Maintenant , Cher Frère , que vos efforts que nous estiomons au plus haut point , pour régler le conflit entre deux Etats amis ont été couronnés de succès . . . Mes collègues et moi-même ainsi que le peuple du Soudan sommes tous désireux de voir le jour ou nous vous accueillerons dans votre deuxième pays , le Soudan".


Le Président Diori Hamani a situé sa visite officielle au Soudan dans le cadre des contacts entre pays africains que préconise l’Organisation de l’Unité Africaine .


C’est toujours dans cette optique d’ailleurs qu’il entrevoit une solution à la guerre civile qui déchire le Nigeria , estimant que la prochaine réunion du Comité Consultant de l’O.U.A. sur le Nigeria pourrait être le prélude à la Comité Consultatif de l’O.U.A. sur le Nigeria pourrait être le prélude à la réconciliation des différentes fractions et à la reconstruction de ce grand pays .


Durant son séjour au Soudan , le Chef d’Etat nigérien a pu visiter un certain nombre d’installations industrielles à Khartoum et dans ses environs . Le Président Diori s’est également beaucoup intéressé au développement agricole du Soudan Oriental , particulièrement aux problèmes d’irrigation et a exprimé le voeu que des projets de cette envergure puissent être matérialisés au Niger .


Les conversations entre les deux Chefs d’Etat ont porté sur la coopération technique et commerciale entre les deux pays , le renforcement des liens de toutes sortes , encore accentué par le fait qu’un demi-million de Nigériens vivent au Soudan .

TOURNEE A L’INTERIEUR DU PAYS


Le Président Diori Hamani s’est toujours attaché à garder un contact personnel avec les populations d’un pays très vaste et aux structures administratives non encore ossifiées . Refusant de se former une idée de la situation sur la base des seuls rapports de la jeune administration , il aime prendre lui-même le pouls de son pays , voir par lui-même les réalisations projetées et entendre lui-même les doléances des paysans se plaignant ici du retard apporté au forage d’un puits , là de la mévente du bétail à cause des événements du Nigeria , etc .


C’est dans ce contexte général que le Chef de l’Etat a entrepris du 1 èr au 7 juin , sa sixième tournée dans l’est du pays .


Tant à Maradi que dans de l’activité rurale qui a pour but , d’une part de faire comprendre à la population les objectifs du gouvernement , d’autre part les moyens qu’il a choisis pour y parvenir .


Dans tous les villages traversés , le Chef de l’Etat a expliqué aux paysans en langue vernaculaire , les problèmes posés par les difficultés passagères et a eu de nombreux entretiens avec les cadres politico-administratifs locaux .

LES PRINCIPES DIRECTEUR DE LA POLITIQUE EXTERIEURE DU NIGER


Prenant la parole , devant les élèves de l’Ecole Nigérienne d’Administration , le Secrétaire d’Etat chargé des Affaires Etrangères du Niger , M. Abdou Sidikou , a développé lignes de la politiques extérieure du pays que l’on peut résumer par les phases que voici :


-"Fidélité inébranlable en notre dans la fraternité humaine et la nécessité de la paix dans le monde .


-"Réalisme , qui nous permet de juger des hommes comme des événements en toute sérénite .


- "Refus raisonné du tapage et des discours aussi incendiaires qu’inefficaces au demeurant et la preuve en est faite , plus aptes à effrayer qu’à persuader .


-"Confiance sans réserve en tous nos partenaires car nous sommes persuadés que la confiance appelle la confiance et nous sommes convaincus que même en politique l’honnêteté finit par payer .


- "Réprobation sans appel de l’opportunisme et surtout du verbalisme .


- "Enfin loyauté ".


M. Sidikou a conclu sur un "mot" d’André Gide :
"Nous croyons en la vertu des petits peuples qui étant condamnés à la qualité se trouvent en permanence obligés de relever avec courage et souvent avec souffrance le défi du destin ".

LE CONSEIL DE L’ENTENTE SE REUNIT A LOME


Pour la première fois depuis que le Togo est au sein du Conseil de l’Entente en juin 1966 , les cinq chefs d’Etat (côte d’Ivoire , Dahomey , Haulte-Volta , Niger , Togo ) se sont retrouvés à Lomé du 29 au 31 mai dernier . La conférence a été consacrée essentiellement aux problèmes économiques , préoccupation des Etats membres .


Plusieurs projets étudiés auparavant par les experts du "Fonds d’Entraide de Garantie" ont été soumis à l’approbation des chefs d’Etat . C’est ainsi que le Conseil de l’Entente d’une huilerie à Bohicon .


D’autre part , un certain nombre de décision ont été prises comme :


- La création à Bobo -Dioulasso (en Haute-Volta ) d’une usine de fabrication de pneumatiques et chambres à air pour cycles et motos , qui traitera en Haute-Volta le caoutchouc produit en Côte d’Ivoire .


- La réunion prochaine , à Niamey , de la commission d’industrialisation des Etats de l’Entente qui étudiera notamment l’extension aux autres Etats de l’accord Haute-Volta Côte d’Ivoire sur les pneus , les modalités d’exploitation du gisement de calcaire du Togo et la commercialisation du ciment ainsi que les conditions d’approvisionnement en produits pétroliers de l’Entente par la raffinerie d’Abidjan .


- La réunion à Ouagadougou , du Conseil Technique Interétat pour le Tourisme afin d’exploiter en commun cette richesse , et la réunion à Cotonou du comité d’action sanitaire pour l’éradication de maladies telles que la paludisme et la trypanosomiase .


-La mise sur pied d’un système favorisant la commercialisation des produits locaux au sein de l’Entente pour accroître les échanges et améliorer la situation des producteurs .


A l’issue de la Conférence de Lomé , tous les Chefs d’Etat , sans exception , s’accordaient pour reconnaître qu’elle avait été particulièrement importante et surtout "très réaliste et fructueuse ". Les longues discussions , les échanges de vues empreins , comme toujours , d’une grande franchise ont resserré davantage les liens qui unissent les cinq pays de l’Entente .

QUATRIEME SESSION DU CONSEIL DE L’ACCORD AFRICAIN SUR LE SUCRE .


La quatrième session du Conseil de l’Accord africain et malgache sur le sucre s’est tenue à Brazzaville , Congo-Kinshasa , Côte d’Ivoire , Gabon , Haute-Volta , Madagascar , Niger , RCA et Sénégal . Etaient absents le Dahomey , le Rwanda , le Tchad et le Togo .


L’accord africain et malgache sur le sucre qui constitue la première expérience de l’OCAM tenue à Tananarive en juin 1966 .


Cet accord a été rendu nécessaire du fait que les deux pays exportateurs de l’OCAM (Madagascar et le Congo-Brazzaville) n’arrivaient se sont donc engagés à se fournir en priorité auprès des sucreries -raffineries malgache et congolaise .


Les prix des sucres européens -et à fortiori avec les sucres au prix mondial -est effectuée par une caisse alimentée par le prélèvement d’une taxe ad hoc sur les sucres importés d’autres origines .


Le Conseil réuni à Brazzaville , a procédé au renouvellement de son bureau , a déterminé pour la compagne 1968-69 les conditions financières de péréquation et arrêté son budget de fonctionnement .


Selon les chiffres cites au cours des travaux du Conseil , la production sucrière des pays membres de l’Accord est de 220.000 tonnes par an ; Madagascar avec une production de 110.000 t dispose d’une surplus exportable de 70.000 tonnes , et le Congo-Brazzaville de 98.000 tonnes pour une production totale de 102.000 tonnes .

VERS UN RENOUVEAU DE L’ASSOCIATION EURAFICAINE


"L’Europe est mal partie avec l’Afrique par deux fois , au cours de son histoire . Une première fois au XVI° siècle avec la Traite , une deuxième fois avec le colonialisme au XIX° siècle . " C’est un Européen convaincu qui parle . Et il ajoute : "Le troisième départ est incontestablement meilleur puisqu’il fait l’objet d’une convention d’Association leur pays libres , de deux continents livres et en pleine transformation , qui reconnaissaient leur complémentarité ".


La complémentarité joue au niveau de deux continents , l’un industrialisé , producteur de biens de consommation , l’autre immense réservoir de consommateurs , riche par surcroît en ma-

tières premières dont le premier a besoin .


L’Association conclue à Yaoundé a été un signe de cette volonté d’évolution commune qui tient l’Afrique et l’Europe . Mais depuis sa création , on a pu lui faire des critiques sévères .


On lui a reproché d’être "à sens unique" , l’Europe ne se décidant pas - et elle ne s’est toujours pas décidée - à favoriser l’écoulement des produits tropicaux dans les six pays du Marché Commun ; le second reproche , plus sévère encore , porte sur la détérioration constante des prix de ces produits tropicaux , détérioration d’autant plus préoccupante pour de jeunes pays en voie de développement que les prix des biens manufacturés dont ils ont tellement besoin , en voie de développement que les prix des biens manufacturés dont ils ont tellement besoin , sont en hausse non moins constante .


Le Président nigérien Diori Hamani avait attiré , le premier , l’attention des six partenaires européens des Etats Africains et Malgache Associés (EAMA) sur cette situation dramatique . Depuis , ce problème occupe la première place des préoccupations des 18 EAMA qui espèrent que la nouvelle Convention qui les reliera au Marché Commun y portera remède .


L’aide consente jusqu’ici aux pays sous-développés et dont certaines se servent comme argument pour contrebalancer le phénomène d’appauvrissement du Tiers monde , est violemment prise à partie , notamment par le "Centre International du Développement " . Celui-ci a publie en 1967 un rapport , dans lequel on peut lire :


"On calculé que les bénéfices que réalisaient les pays riches importateurs de denrées tropicales du fait de la dégradation des termes de l’échange , étaient égaux ou supérieurs aux . . . 8 milliards de dollars de l’aide consente par eux au Tiers monde en 1966 . Donc l’aide ne sert en rien au développement , elle ne fait que boucher un trou que l’on creuse en même temps ".


L’aide , en effet , ne sert à rien si on ne l’accompagne d’un soutien des cours à un niveau rémunérateur , avec des accords , produit par produits , et une garantie des débouchés pour leur écoulement .


Les jeunes agriculteurs français (F.N.J.A.) conscients de la nécessité d’une telle solution déclarent , par la voix de l’un des leurs :


"Régir les échanges internationaux sur la base des principes libéraux du libre-échange , la réduction progressive des tarifs douaniers et la non discrimination pour que le meilleur ou plutôt le mieux placé gagné , est , à la limité , concevable , des lors que l’on met présence des partenaires égaux dont la puissance économique est du même ordre . Mais la communauté internationale n’est pas faite ainsi et il n’est pas faite ainsi et il n’est pas de commune mesure entre la puissance économique des pays développés et celle de la quasi-totalité des pays d’Afrique , d’Asie et d’Amérique latine . Entre les pays développés eux-même , les mesures ne sont pas égales . Dès lors concevoir le même statut pour les uns comme pour les autres , relève soit de l’utopie , soit d’une volonté consciente ou non d’écraser les plus faibles ".


Le 31 mai 1969 , la Communauté Européenne et les dix-huit Etats africains et malgache qui lui sont associés arriveront à la fin de leur contrat . A Strasbourg , le 15 mai dernier , lors de la réunion de la Commission paritaire de l’Association qui groupe 18 membres du parlement européen et autant de représentants des parlements des Etats africains associés du Marché Commun , les parlementaires africaines ont fait part de leur espoir de renouveau ; pour eux , il faut continuer Yaoundé de l’enrichir de nouvelles formules . La France de son côté , a souligné que dans son ensemble ensemble l’instrument négocié en 1962 constituait une bonne base et pourrait utilement éclairer les prochaines , les parlementaires néerlandais et allemand , dont on craignait les réticences au renouvellement de l’Association se sont , dans l’ensemble , déclarés favorables à ce renouvellement .


Les perspectives de renouveau semblent favorables aux propositions de la Commission remises au Conseil des Ministres des Six , en attendant la réunion prévue à Kinshasa , réunion dont la date n’a pas été encore fixée d’une façon définitive .

LA CAMPAGNE ARACHIDIERE 1967-68


181.823 tonnes d’arachides décortiquées ont été commercialisées pendant la compagne 1967-1968 . Les prévisions faites sur cette campagne se sont révélées fausses car on s’attendait à une commercialisation d’au moins 200.000 tonnes d’arachides . La cause en été une pluviométrie très irrégulière . Il n’en demeure pas moins vrai que si l’on n’a pas atteint le chiffre

de la compagne 1966-67 (192.000 t.) , le chiffre de la dernière compagne dépasse largement celui de 1965-66 (156.000 tonnes ) qui constituait déjà un record .


Le Niger-Centre est arrivé à commercialiser cette année autant d’arachides que le Niger-Est et malgré la baisse globale par rapport à la commercialisation de l’an dernier , ce département a commercialisé cette année plus qu’en 1967 .


Les chiffres des deux dernières campagnes se répartissent de la façon suivante par région :



1966-67


1967-68


Niger-Est


98.125


86.880


Niger-Centre


82.551


86.542


Niger-Ouest


10.500


8.405


Cette progression du Niger-Centre , qui arrive maintenant à égalité avec le Niger-Est semble résulter de l’introduction de nouvelles semences , d’une meilleure fumure des terres et de la commercialisation en coques qui libère le producteur du décorticage et l’incite à produire davantage .


Il semble donc que l’on arrive progressivement à cet équilibre régional tant recherché par les dirigeants nigériens ou le revenu procuré par l’arachide , principale production , sera plus équitablement et plus diversement réparti dans toute la nation .


A l’ouverture de la campagne 1967-68 , le Niger s’est trouvé confronté à de graves difficultés résultant de la fin du régime des prix garantis par la France , des perturbations apportées par les troubles du Nigeria et surtout de l’effondrement des cours des oléagineux sur le marché mondial .


En effet par rapport au premier trimestre 1967 , les arachides décortiquées (dont les cours ont , à la fin de 1967 , atteint leur niveau le plus bas depuis 1958 ) perdant près de 16% ; l’huile d’arachide , plus encore , avec 19% .


Pour les produits oléagineux importés des Etats associés dans les Etats membres de la Communauté , les droits de douane et taxes d’effet équivalent ont été supprimés et pour les principaux de ces produits (arachides , coprah , palmiste , huile de palme ) , une aide financière a été prévue ; cette aide correspond à une partie de la différence entre les prix du marché mondial .


Il est à noter que pour les arachides le prix de référence fixé a été nettement supérieur aux cours mondiaux enregistrés à la fin de 1967 (183) et au mois de mars (159) .


Placé dans l’obligation de vendre ses graines à des cours mondiaux en forte baisse et malgré l’aide accordé par la C.E.E. , le gouvernement nigérien s’est préoccupé de diminuer ses prix de revient et a pris un certain nombre de mesures en vue d’assurer le placement de la production arachidière dans les meilleures conditions : la fiscalité à l’exportation a été réduite entre 1962 et 1968 de 40% , la rémunération des organismes stockeurs pour la même période , de 36% , les entrep^rises de transit ont ramené leur rétribution de 725 F. CFA en 1966-67 à 425 Fr CFA tonne pour 1967-68 . Enfin la SONARA a comprimé de 28% ses dépenses d’exploitation .


Néanmoins il a été nécessaire de recouvrir à une baisse du prix au producteur , ce qui a eu également pour conséquence de mettre un frein aux tentatives des producteurs du Nigeria de vendre leurs arachides au Niger . Les prix aux producteurs ont été abaissés de 4 francs en moyenne par kilo de graines décortiquées , soit près de 20% par rapport au prix de la compagne précédente , baisse qui finalement se révèle être moindre que ce que l’on avait prévu jusqu’ici .


Il est évident que si la situation mondiale de l’arachide continue à s’aggraver , il sera nécessaire plus profondes . C’est tout le problème de l’organisation des marchés des produits tropicaux qui est à nouveau posé .


NOUVELLE AIDE FINANCIERE DE LA FRANCE .


Deux conventions d’aide financière destinées à la réalisation de projets d’équipement au Niger viennent d’être signées à Niamey entre la France et le Niger .


Le montant de ces conventions , soit 445.500.000 CFA , représente la dernière tranche du programme d’aide et de coopération financière qui avait été conclu le 24 avril 1961 .


La première de ces deux conventions , d’un montant de 210 millions de francs CFA , est destinée au financements de projets inscrits au budget d’équipement nigérien ; la seconde d’une

valeur de 235,5 millions de francs CFA couvre la prise en charge par le Fonds d’Aide et de Coopération français , de projets à caractère économique et social . Le montant de cette seconde convention est réparti comme suit :


- 87 millions pour la poursuite du programme de développement de la culture du coton ,


- 104 millions pour l’équipement de l’Office des Eaux du sous-sol ,


- 15,5 millions pour l’alphabétisation en zone urbaine ,


- 19 millions pour la fourniture de 5 réémetteurs de radiodiffusion .

UN OFFICIEL AMERICAIN AU NIGER


Le sous -secrétaire d’Etat américain aux Affaires Africaines , M. Joseph Palmer a visité Niamey , dans le cadre de la tournée qu’il entreprend actuellement dans seize pays africains .


Au cours de son séjour , M. Palmer a été reçu par le Président Diori et par plusieurs ministres . Il a assisté à la pose de la première pierre de la nouvelle ambassade des Etats-Unis à Niamey , il a visité un centre de reboisement forestier , le centre de formation des jeunes agriculteurs à N’Diounga et la cuvette rizicole de Saga dirigée par des techniciens formosans .


A la veille de son départ , M. Palmer , a déclare aux journalistes que sa visite lui avait donné l’occasion "d’étudier de près les possibilités de développement du Niger ".


M. Palmer s’est déclaré très intéressé par les problèmes par l’infrastructure et la coopération régionale . C’est ainsi qu’il a examiné avec le Commissaire Général nigérien au Développement , divers projets à caractère régional pour lesquels le Niger souhaiterait obtenir un financement des Etats-Unis . Ces projets qui concernent le Niger et les Etats voisins du Nigeria et de Haute-Volta sont de plusieurs ordres :


-exploitation des rives du fleuve Niger et de la Komadougou ,


- construction de nouvelles voies de communications terrestres ,


- études hydro-géologiques et agricoles ,


- étude pour la commercialisation du bétail de façon plus rationnelle ,


- projet de renforcement des lignes de communications Niamey-Cotonou et Téra-Diori en Haute-Volta .

L’EMPLOI DES JEUNES EN AFRIQUE


Un séminaire sur "L’emploi des jeunes et le développement national " s’est tenu à Niamey du 20 au 30 mai . Cette réunion , organisée par la Commission Economique des Nations Unies . pour l’Afrique , en collaboration avec différents organismes internationaux n groupait 16 pays africaines , à savoir : le Congo-Brazzaville , la Côté d’Ivoire , le Ghana , la Guinée , la Haute-Volta , le Kenya , Madagascar , le Malawi , le Mali , le Niger , le Nigeria , l’Ouganda , le Sénégal , la Sierra Leone , le Togo et la Tunisie .


Cette réunion constitue la seconde phase d’un projet auquel la Commission économique pour l’Afrique accorde une priorité permanente et qui intéresse les services de protection de la famille , de l’enfance et de l’adolescence en Afrique .


Divers problèmes ont été étudiés au cours de ces dix journées de travaux , notamment l’établissement et la mise en oeuvre des programmes de lutte contre le chômage et de sous-emploi des jeunes les zones rurales et urbaines , l’établissement de projets pour favoriser et améliorer les programmes de formation en général et les compétences des jeunes employés dans les zones rurales et urbaines , le rapport des problèmes de formation de la jeunesse avec l’ensemble de la planification , la législation du travail intéressant la jeunesse avec l’ensemble de la planification du travail intéressant la jeunesse .


L’examen de tous ces points inscrits à l’ordre du jour a amené , en conclusion , un certain nombre de recommandations :


- les pays doivent accélérer , dans la mesure de leurs possibilités , la création de moyens d’enseignement primaire ,


- la structure des programmes des écoles primaires des pays africains devrait dans la plupart des cas correspondre aux exigences sociales et économiques modernes ;


- l’orientation professionnelle devrait recevoir plus de soutien de la part des gouvernements ;


- les gouvernements devraient réduire l’âge auquel les fonctionnaires prennent leur retraite , accélérer la formation des échelons inférieurs et l’africanisation de manière a créer plus d’emplois pour les jeunes qualifiés ;


tous les efforts doivent être faits pour ajuster , dans la mesure du possible , les programmes spéciaux de formation et de travail aux impératifs de planification ;


- élaboration d’un plan pour l’emploi des jeunes .

PROGRES CONTINU DE L’ENSEIGNEMENT AU NIGER


Comme chaque année à la même époque , le Chef de l’Etat a présidé la distribution solennelle des prix du Lycée National de Niamey .


Dans son allocution le Chef de l’Etat devait féliciter les élèves pour le redressement remarquable qui s’est manifesté dans leur comportement et qui se traduit par des succès aux examens , alors que "en de nombreux points du monde , sous des régimes politiques et sociaux profondément différents se déchaînaient les violences aveugles , les destructions insensées , les affrontements sanglants et parfois meurtriers , expression douloureuse de ces concepts gémellaire qui ont pour noms "contestation" , "participation" , "mutation".


Cette année , les résultats au baccalauréat ont été bons par rapport à ceux de l’année dernière que le Président avait lui-même qualifiés , à l’époque , de "catastrophiques " .


Le gouvernement du Niger n’a jamais cessé d’accorder la plus grande attention aux problèmes de l’Education .


En 1958 , année où la République du Niger était proclamée , seuls 20.000 enfants fréquentaient les établissements primaires , secondaires et techniques . Le taux de scolarisation n’était que de 4% . Aujourd’hui , 10, 6% des enfants scolarisables vont à l’écoles privées . Des progrès immenses ont été réalisés dans le domaine de l’enseignement secondaire ; en 1957 , il n’y avait que trois établissements , en 1968 , on compte 16 collèges d’enseignement général , 2 lycées , 3 cours normaux , 1 école normale , 3 collègues privés , 1 lycée technique .


Certes , le retard est très grand en matière d’enseignement , il reste encore beaucoup à faire . Le budget national consacre le dixième de ses ressources à l’Education . Les Perspectives décennales prévoient pour 1973 , la scolarisation de 259 .000 enfants , soit un taux de 31, 7%. Cet objectif pose en termes encore plus aigus le problème des enseignants .

HOMMAGE AU PRESIDENT BOUBOU HAMA


La revue française "Parallèle " dans une de ses dernières livraisons , publie un article consacré au Président Boubou Hama , sur le titre "Un Africain explique son continent . . . "


L’auteur de l’article se réfère essentiellement à la substantielle "Enquête sur les fondements de la genèse de l’unité africaine " que Boubou Hama , Président de l’Assemblée nationale du Niger a publié à Paris en 1966 . Nous avions déjà présenté ce livre à l’époque de sa parution , mais il nous est paru intéressant de publier quelques extraits de cet article qui nous fait pénétrer plus avant dans les sentiments et la personnalité de ce grand historien qu’est Boubou Hama :


Pour cet homme d’action et de réflexion , " écrit l’auteur de l’article , " l’unité africaine n’est rien d’autre qu’une étape , un cheminent vers une humanité unique . Ce mouvement doit comporter , de la part de tous , "beaucoup de patience , d’intelligence , de compréhension et infiniment plus de prudence et de sagesse" .
"On cherchera vainement dans ce livre la structuration d’un traité de géographie , d’histoire ou de politique . Tout y est mouvement et récit . Il raconte , je dirai même qu’il chante l’homme africain le mythe , la religion , la légende , la science , la poli-

tique . En parcourant ces pages , authentiquement africaines , ont est surpris de voir la pensée songhal épouser si aisément la phrase française .


"L’unité et la massivité géographique de l’immense continent , le réflexe commun de défense contre l’exploitant , mais surtout un style de vie particulier paraissent à l’auteur comme des fondements naturels de cette unité africaine , dans laquelle il veut placer toute son action , que celle-ci se dirige vers la résurrection du passé comme vers la préparation de l’avenir .


"Le président Boubou Hama a lui et assimilé une quantité impressionnante de livres et d’études sur l’Afrique et le lecteur occidental sera peut-être quelque peu surpris de voir l’auteur alterner les citations des auteurs étrangers et les traditions de son propre peuple . Toute est confondu dans le mouvement qui domine l’ouvrage .
"Le président Boubou Hama a rendu un grand service à l’unité africaine , mais il a rendu un service plus grand encore à la cause de la coopération humaine . Il a su rendre présent l’homme africain dans l’esprit de ses lecteurs et cette présence est profondément attachante ".

"FRANCOPHONIE 68"


"Francophonie 68" premier numéro de la revue semestrielle de "L’Association de solidarité francophone" vient de paraître . Son directeur , M. H. de Montera , secrétaire général de l’A.S.F. rappelle dans son éditorial l’origine du mouvement lancé en 1962 par le Président Senghor du Sénégal .


La Francophonie , qui concerne une quarantaine d’Etats et 200 millions de personnes , précise M. de Montera , "peut être cette contrepartie que la Coopération cherche depuis le début pour se sentir à l’aise " . Cette coopération serait en effet efficacement complétée par la coopération multilatérale qu’implique la francophonie fondée sur la solidarité linguistique .


"Francophonie 68" contient d’autre part une relation du voyage du Général de Gaulle au Québec , une étude sur l’indépendance de l’Ile Maurice , un compte-rendu des "Journées de la francophonie " et enfin un utile "dictionnaire de la francophonie ".


Edité par le CENTRE D’INFORMATION DU NIGER
13 , boulevard Haussmann -Paris IX ème


Directeur de la Publication : M ; Maraval


Rédacteur en chef : L. Trévidic


Abonnement annuel : 10. - francs
Imprimé par Eurafor -Press , 13 bis , rue Laffitte , Paris

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